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Look at the Lebanese Highways and especially at the huge billboards everywhere!

 Women, teenagers, Men, children are harassed by pictures and advertisements using the women body and brain as a housewife, as a sexy doll, as a bimbo.

the examples in Lebanon are numerous. ( here are some previous examples taken from my blog : My body is not to be used for your crap ads! women’s body are sacred and not objects!

Salons de Beaute pour ENFANTS! au Liban tout est travaille pour Arranger l’image de soi

You can be Seduced by a Taouk…. or a warak arich on a women body… , for more info also do check Kherrberr website: here are great examples from it Mothers Are Not Washing Machines  , Scholl’s Babybotte: Influencing Children’s Gender Roles ! )

The problem is that me and other Lebanese and non Lebanese women living in Lebanon and bombarded by such pictures and adv will integrate them in our mind and we won’t be able to see the prejudice and discrimination they create after a while.

The small boy and the small girl are definitely influenced by those ads such as the “Babybotte and Barbie Adv! To the boy we will find it normal to buy and offer a Lego game that will help him use his brain, as for girls, we will find it normal to offer a doll, for her to pamper and integrate as an image of the mother she will once be!

I will always and always repeat that we live in a world were stereotypes related to gender role division are very difficult to overcome, but WE can do it!!

we have to be able to discern gender biased images, games and advertisements!

is it normal for media to use My body to market a car!?! I understand that women bodies are attractive but we have to stop using them and Instrumentalising them as objects for marketing!

  The gender division is so normal that when we go to a shop in Lebanon for children you’ll have a part in pink with lots of dolls and dentelles, and carrycots, and small kitchens and other part with cabs, construction games, army clothes, superman clothes for boys.

This is from where gender stereotyping begins! Malls, and shops for children!!!

Images and social Roles (women as a housewife, and men as house caretaker, and a society saviour ( the superman) ) are so commonly engraved in our sub conscience we usually reproduce and replicate them over and over! I was so glad when my Brother in Law wrote to me, “let your husband help you Iron your future new born clothes , this task is not just for women!!”

That is how we go out of the vicious circle of reproducing social roles and reinforcing social stereotypes!

I am working on it, Are you???

I loved this flyer that we (my husband and I found at the gynecologist, a Men bottle feeding his child) …. Do you think that this is common in Lebanon?? it is rare to find husbands helping with the education part of the children, why? again social roles, manly roles, patriarchal culture, and all those big issues we have to try to fight and overcome!

 Rita Chemaly

SOCIAL ROLES REPRODUCTION  RITA CHEMALY MEN BREAST AND BOTTLE FEEDING EQUALITY

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grossesse et natation

Au Liban, les femmes enceintes sont generalement suivies par leur genycologue.

le mien m’a bien dit de vivre normalement, quant aux exercices physiques la marche pour 20 minutes par jour etait excellente pour moi.

en faisant des recherches par contre je decouvre aussi que l’aquagym et la natation sont des exercices excellents pour les femmes enceintes. Au Liban il est vrai que le weekend les plages et les piscines sont bondees, mais pour celles qui peuvent avoir acces a une piscine calme en cours de semaine, quelle chance!

Quels exercices sont bons a faire en piscine pour les femmes enceintes?

a vous des  video prise sur internet pour l’eau et la grossesse que je trouve interessantes!

Rita ( Mother to be :- ) )

http://www.youtube.com/watch?v=A-phDiiMQ3Q

voila la serie de 4 exercices pour tonifier les bras et les muscles de la poitrine et des épaules. 

dans le lien ci-dessous des exercices pour tonifier les jambes

http://www.youtube.com/watch?v=g7pKmd4ICds  exercices aquatiques pour tonifier les jambes pendant la grossesse avec la chaîne “vivelafitness”.

 enfin des exercices de relaxations pendant la grossesse… allez les femmes enceintes c est beau non?

http://www.youtube.com/watch?v=QmL5SOTnegA 

 

 

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une bonne reponse sur la polemique concernant l’adoption par les familles homoparentales : 
Si on distinguait amour et sexe, je ne vois pas pourquoi la religion, l’État ou toute autre structure sociale condamnerait la famille homoparentale. Je ne vois pas pourquoi non plus on ne laisserait pas s’unir deux personnes qui s’aiment et qui sont du même sexe. En 1995, l’archevêque de Canterbury défendait les homosexuels en disant que deux personnes qui s’aiment sur terre, quel que soit leur sexe, « expérimentent ici-bas ce que sera leur jouissance céleste lorsqu’ils seront auprès de Dieu ».

voila une partie de l’article paru dans L’orient le jour au Liban sur le sujet, pour ceux qui sont interesses, je reprends l’article ci-dessous. encore plus l’identification vient selon le psychanaliste des fonctions de meres et peres, et non de leur sexualite.

bon a vous l’article

Rita Chemaly

Mariage gay : Chawki Azouri met les Français sur le divan

« Ce que craignent les gens de droite, c’est la contagion par l’homosexualité de leurs convictions maritales »

On ne saura jamais qui a vraiment fait quoi. Et dans quelles proportions. Une chose est sûre pourtant : l’UMP (flanquée presque honteuse du Front national) s’est jetée comme la misère sur le peuple sur les manifestations antimariage pour tous. Y voyant, intelligemment cela dit, un levier de pression particulièrement efficace, puisque détourné, contre François Hollande, son gouvernement et sa politique. Surtout que le vote de la loi Taubira coïncide (il n’y a pas de hasards…) avec l’engluement très Charybde et Scylla du locataire de l’Élysée dans cent et un scandales. Dans cent et une crises. Dans des sondages abyssaux, aussi…

En réalité, savoir à quel point les manifestants antimariage pour tous ont été instrumentalisés et leurs revendications politisées ne changerait rien à la donne. Ne changerait rien à un constat, une évidence assez inquiétants : rarement un sujet aura à ce point divisé un pays pourtant connu dans le monde entier pour son obsession des mots en té : liberté, égalité, fraternité, etc. Une division qui ressemble parfois à une véritable fracture : l’homophobie, ou du moins ses manifestations publiques, visibles, ont décuplé en France.

François Hollande doit être réellement soulagé de la fin de ce ramdam plus mélo turc que tragi-comédie shakespearienne et qui faisait se gausser beaucoup d’Européens, jamais avares quand il s’agit de critiquer les Français, de se moquer d’eux. Des 60 clauses de son contrat nuptial avec ses compatriotes, le président doit sans doute être fier du n° 31, qui lui aura permis de vivre à fond son quart d’heure mitterrandien. Sauf que ce même président serait fort embêté, au bout de son mandant, s’il ne réussissait que ce point-là. Et que tout le reste de ses promesses aille se fracasser contre les murs (de la conjoncture, de l’incompétence de tel ou telle, de la mauvaise volonté des citoyens, etc.)…

Il n’en reste pas moins qu’à cause de cette loi (ou grâce à cette loi, peut-être…), le clivage des Français a été recraché au grand jour. Dans toute sa crudité, son indignité et, souvent, son horreur.
Psychanalyste et psychiatre franco-libanais dont plus personne ou presque n’ignore la maestria chirurgicale à placer le bon mot (ou la bonne phrase) au bon endroit et au bon moment, Chawki Azouri connaît très bien la France. Et les Français. Il a répondu aux questions de L’Orient-Le Jour, succinctement mais avec une force d’impact météorique. La preuve par 9…

L’OLJ : Comment expliquer cette férocité, cette détermination des Français antimariage pour tous ? Cette opposition est différente de toutes celles que les pays européens qui ont légalisé le mariage gay ont connues, à commencer par l’Espagne, pourtant bien plus catholique que la France…
C.A. : Ce n’est pas le catholicisme qui est en jeu en France, mais paradoxalement l’esprit révolutionnaire. Non pas que ce sont les gens de gauche qui sont contre, au contraire : c’est la gauche qui a fait passer la loi ; mais plutôt un esprit révolutionnaire qui ne veut pas que les homosexuels, marginaux de fait, soient désireux de se ranger – le mariage étant par excellence un signe de normalité sociale. Ce que craignent les gens de droite, c’est la contagion par l’homosexualité de leurs convictions maritales.

Y a-t-il des relents de guerre civile (morale, psychologique, de valeurs…) ?
On peut comparer cela à une guerre civile, en témoigne l’empoignade des manifestations pour et anti. C’est une question de valeurs en premier, morale ensuite et enfin psychologique.
Certains se battent pour des questions de valeurs : ceux qui sont embrigadés dans l’idée que le mariage est un sacrement. D’autres se battent pour une question de morale : ceux qui par exemple condamnent l’homosexualité comme étant « contre nature ». Enfin ceux qui se battent pour des questions pseudo-psychologiques, soit ceux qui s’appuient par exemple sur l’identification : comment vont s’identifier le garçon et la fille s’ils ont deux parents du même sexe.
La réponse est simple. Dans un couple, c’est la fonction qui est déterminante pour les identifications, non pas l’anatomie. Par exemple, la fonction de mère n’est pas nécessairement à remplir par la femme, de même la fonction paternelle n’est pas nécessairement à remplir par l’homme.

En quoi le mariage gay serait-il une menace pour les hétérosexuels ? Y a-t-il de la peur ? Qu’est-ce qui justifie le retour tonitruant de paroles et surtout d’actes homophobes ? Y avait-il une homophobie d’État que cette loi a dynamitée ?
Il n’y a aucune différence quant aux valeurs entre l’hétérosexuel(le) et l’homosexuel(le). C’est une projection maladive de la part des hétérosexuels homophobes qui se vantent d’avoir des valeurs que l’homosexuel(le) n’aurait pas. L’homosexualité est présente en nous depuis le début de l’humanité sur le plan phylogénétique et sur le plan ontologique depuis la découverte de la différence des sexes. L’horreur de la différence des sexes est commune à tous vers l’âge de trois/quatre ans. Elle sera dépassée progressivement jusqu’à l’acceptation de la différence. C’est surtout l’absence de pénis chez la fille qui horrifie autant le petit garçon que la petite fille.
À partir de là, les enfants se rabattent sur leur propre sexe comme valeur narcissique. Ceux qui restent dans cette position auront tendance à choisir inconsciemment un partenaire du même sexe. Il n’y a aucune anormalité sur ce point, sauf chez ceux qui veulent combattre cela en étant homophobe. Leur homophobie est en fait une défense contre leur homosexualité inconsciente.
Quant à l’homophobie d’État, elle ressemble à toute discrimination que la société génère contre tout genre de marginalité. Oui, cette loi l’a dynamitée.

C’est « liberté, égalité, fraternité » vs mariage gay ?
Non, je dirais « liberté, égalité, fraternité » et mariage gay.

Quid de l’adoption ? Des familles homoparentales ?
Si on distinguait amour et sexe, je ne vois pas pourquoi la religion, l’État ou toute autre structure sociale condamnerait la famille homoparentale. Je ne vois pas pourquoi non plus on ne laisserait pas s’unir deux personnes qui s’aiment et qui sont du même sexe. En 1995, l’archevêque de Canterbury défendait les homosexuels en disant que deux personnes qui s’aiment sur terre, quel que soit leur sexe, « expérimentent ici-bas ce que sera leur jouissance céleste lorsqu’ils seront auprès de Dieu ».

Source: http://www.lorientlejour.com/article/812246/mariage-gay-chawki-azouri-met-les-francais-sur-le-divan.html

 

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par Mona Chollet, mardi 12 mars 2013

« Les musulmans semblent éprouver un sentiment de puissance virile à voiler leurs femmes, et les Occidentaux à les dévoiler », écrivait l’essayiste marocaine Fatema Mernissi dans Le Harem et l’Occident (Albin Michel, 2001). L’engouement des médias français pour des figures comme les Femen ou Aliaa El-Mahdy, l’étudiante égyptienne qui, en 2011, avait posé nue sur son blog (1), offre une nouvelle confirmation de la justesse de cette observation. On a pu voir sur France 2, le 5 mars, un documentaire consacré au collectif d’origine ukrainienne implanté en France depuis un peu plus d’un an (2), et un autre intitulé Aliaa, la révolutionnaire nue sur Public Sénat pour le 8 mars, Journée internationale des femmes.

Tant pis pour les milliers de femmes qui ont le mauvais goût de lutter pour leurs droits tout habillées, et/ou d’offrir un spectacle moins conforme aux critères dominants de jeunesse, de minceur, de beauté et de fermeté. « Le féminisme, c’est ces femmes qui ont défilé dans les rues du Caire, pas les Femen ! Et sur ces femmes-là, je vois peu de documentaires TV », s’insurgeait sur Twitter, le 6 février dernier, la correspondante de France Inter en Egypte, Vanessa Descouraux. En France, les organisations féministes « se voient désormais plus souvent interpellées sur ce qu’elles pensent du mouvement d’origine ukrainienne que sur leurs propres actions » (3).

« Si tu montres tes nichons,
je reviens avec mon photographe »

Femmes, vous voulez vous faire entendre ? Une seule solution : déshabillez-vous ! En octobre 2012, en Allemagne, les réfugiés qui campaient devant la Porte de Brandebourg, au centre de Berlin, pour dénoncer leurs conditions de vie peinaient à attirer l’attention des médias. En colère, une jeune femme qui manifestait avec eux lança à un journaliste de Bild : « Tu veux que je me mette à poil ? » « Le journaliste acquiesce et promet de revenir avec son photographe. D’autres journalistes l’apprennent et voilà, la foule d’objectifs se réunit autour des jeunes femmes qui soutiennent les réfugiés. Elles ne se sont pas déshabillées, mais ont profité de l’occasion pour dénoncer le sensationnalisme des médias (4). »

Les Femen, elles, ont été plus pragmatiques. Lors de leurs premières actions, en Ukraine, en 2008, elles avaient inscrit leurs slogans sur leurs dos nus, mais les photographes ne s’intéressaient qu’à leurs seins. Elles ont donc déplacé les inscriptions (5)… Cet ordre des choses n’inspire pas d’états d’âme particuliers à Inna Chevchenko, l’Ukrainienne qui a exporté la marque Femen en France : « On sait de quoi les médias ont besoin, déclarait-elle en décembre à Rue89. Du sexe, des scandales, des agressions : il faut leur donner. Etre dans les journaux, c’est exister (6). » Vraiment ?

Certes, la militante féministe Clémentine Autain a raison de rappeler que « le happening, c’est dans notre culture. De la suffragette Hubertine Auclert, qui renversait les urnes lors des élections municipales de 1910 pour que les journaux de la IIIe République puissent avoir leurs photos trash à la Une, aux militantes du MLF qui balançaient du mou de veau dans les meetings des anti-avortement dans les années 1970, on sait aussi monter des coups (7) ! ». Ce mode d’action est aussi celui de l’association Act Up dans sa lutte contre le sida. Mais encore faut-il que derrière les « coups », il y ait un fond politique solide et bien pensé qui leur donne leur sens. Or, dans le cas des Femen, c’est peu dire que le discours ne suit pas. Quand il ne se révèle pas franchement désastreux.

Contre les vieilles femmes qui lisent des livres

La réduction permanente des femmes à leur corps et à leur sexualité, la négation de leurs compétences intellectuelles, l’invisibilité sociale de celles qui sont inaptes à complaire aux regards masculins constituent des pierres d’angle du système patriarcal. Qu’un « mouvement » — elles ne seraient qu’une vingtaine en France — qui se prétend féministe puisse l’ignorer laisse pantois. « Nous vivons sous la domination masculine, et cela [la nudité] est la seule façon de les provoquer, d’obtenir leur attention », déclarait Inna Chevchenko au Guardian (8). Un féminisme qui s’incline devant la domination masculine : il fallait l’inventer.

Non seulement Chevchenko accepte cet ordre des choses, mais elle l’approuve (toujours dans The Guardian) : « Le féminisme classique est une vieille femme malade qui ne marche plus. Il est coincé dans le monde des conférences et des livres. » Elle a raison : à bas les vieilles femmes malades, elles ne sont même pas agréables à regarder. Et les livres, c’est plein de lettres qui font mal à la tête, bouh ! Auteur d’un excellent livre sur les usages du corps en politique (9), Claude Guillon commentait : « Le mieux intentionné des observateurs dirait que cette phrase exprime la présomption et la cruauté de la jeunesse. Il faut malheureusement ajouter pour l’occasion : et sa grande sottise ! En effet, et peut-être Inna aurait-elle pu le lire dans un livre, l’image des féministes comme de vieilles femmes coupées du monde (comprenez : et du marché de la chair) est un très vieux cliché antiféministe, qu’il est navrant de voir repris par une militante qui prétend renouveler le féminisme (10). » Depuis, les représentantes françaises du collectif ont cependant dû se résigner à sortir un livre d’entretiens (11) : « En France, il faut publier des textes pour être reconnu, légitime », soupire l’une d’entre elles (Libération, 7 mars 2013). Dur, dur.

Pour Rue89, Chevchenko résumait ainsi le discours des jeunes Françaises qui voulaient rejoindre les Femen : « Elles me disaient : “Les mouvements féministes qui existent déjà en France, ce ne sont pas des mouvements faits pour les jeunes femmes, mais pour des femmes intellectuelles qui ressemblent à des hommes, qui nient la sexualité, le fait qu’une femme puisse être féminine.” » A cet égard, il faut le reconnaître, les Femen marquent incontestablement un progrès. S’agissant d’une ancêtre comme Simone de Beauvoir, il a fallu attendre le centenaire de sa naissance, en 2008, pour la voir enfin à poil : c’était long. Mais la patience du monde fut récompensée : avec délice, Le Nouvel Observateur (3 janvier 2008) publia en couverture une photo montrant l’auteure du Deuxième sexe nue de dos dans sa salle de bains (12). Les Femen, elles, sont bonnes filles : elles mâchent le boulot (« femen » signifie d’ailleurs « cuisse » en latin, mais rien à voir, elles ont choisi ce nom « parce qu’il sonnait bien »). Après tout, ne soyons pas pudibonds : pour être féministe, on n’en a pas moins un corps, une sensualité, une vie sexuelle. On peut seulement déplorer que l’attente de toutes celles — et ceux — qui rêvent de se repaître des petites fesses de Jean-Paul Sartre dure toujours. Que fait Le Nouvel Observateur ? Les grands intellectuels n’auraient-ils pas, eux aussi, un corps, une sensualité, une vie sexuelle ? Pourquoi ne pas nous en faire profiter ? Pourquoi ne sont-ils pas, eux aussi, une denrée publique, que l’on peut exposer et commercialiser indépendamment de la volonté des intéressés ?

« Féminisme pop »

Après s’être attiré une large sympathie lorsqu’elles se sont fait agresser par les extrémistes catholiques de Civitas au cours de la manifestation contre le mariage pour tous, en novembre 2012, les Femen ont suscité de plus en plus de réserves et de désaveux — par exemple de la part du collectif féministe Les TumulTueuses, ou de l’actrice et réalisatrice Ovidie. Critiquées pour la caution qu’elles apportent à la vision du corps féminin forgée par l’industrie publicitaire, elles se sont défendues en publiant des photos de certaines de leurs membres qui s’écartent de ces canons. Le problème, c’est qu’on ne verra jamais celles-ci en couverture des Inrockuptibles, les seins en gant de toilette cadrant mal avec le « féminisme pop » que dit priser le magazine — ni dans Obsession, le supplément mode et consommation du Nouvel Observateur, pour lequel les Femen ont posé en septembre dernier. Et pas question d’arguer que ce n’est pas de leur faute : si elles voulaient être un minimum crédibles, elles devraient imposer la présence de ces membres lors des séances photo. « Quel peut être l’effet produit par cette photo de groupe [dans Les Inrockuptibles] sur les femmes moins jeunes, ou jeunes mais moins favorisées par le hasard génétique ? interroge Claude Guillon. Le même effet que le terrorisme publicitaire et machiste que le féminisme ne cesse de dénoncer. Cette photo est pire qu’une maladresse, c’est un contresens politique. »

Les dénégations répétées des membres du collectif ne suffisent pas, par ailleurs, à dissiper le soupçon d’une politique de la photogénie délibérée. Dans le livre Femen, l’une des fondatrices ukrainiennes déclare : « Nos filles doivent être sportives pour endurer des épreuves difficiles, et belles pour utiliser leur corps à bon escient. Pour résumer, Femen incarne l’image d’une femme nouvelle : belle, active et totalement libre. » Le féminisme, mieux qu’un yaourt au bifidus. L’une de ses camarades françaises invoque une « erreur de traduction » (13)…

Quoi qu’il en soit, en l’état actuel des choses, il n’est pas certain que les médias et le grand public fassent complètement la différence entre les Femen et la Cicciolina par exemple — précurseuse de la couronne de fleurs sur cheveux blonds —, ou la pin-up de la page 3 du quotidien britannique The Sun. Claude Guillon, encore : « “Au moins, me disait une jeune femme, depuis qu’elles se mettent à poil, on les écoute !” Que nenni. On les regarde tout au plus. Et lorsque les rédacteurs en chef en auront marre de mettre du nibard à la une (ça lasse, coco !), on ne les regardera plus. » Les journalistes de Rue89 sont elles-mêmes perplexes devant le succès d’audience du collectif : « Le premier article que nous avons fait sur les Femen était un “En images”. On y voyait simplement la photo d’une Femen devant la maison de DSK, seins nus. Trois paragraphes accompagnaient l’image. L’article a reçu 69 500 visites. C’est beaucoup. » Dans le fumeux « sextrémisme » promu par le groupe, il y a tout à parier que c’est surtout « sexe » qui fait tilter la machine médiatique.

Des médias devenus tous féministes ?

Le féminisme serait donc devenu consensuel, au point de faire la couverture de tous les journaux et d’avoir l’honneur de documentaires télévisés abondamment promus dans la presse ? Il faudrait être naïf pour le croire. L’intérêt pour les Femen s’avère parfaitement compatible avec l’antiféminisme le plus grossier. Ainsi, le 7 mars, Libération leur consacrait une double page ; cela ne l’a pas empêché de publier le lendemain, pour la Journée internationale des femmes, un numéro d’anthologie. Sous le titre « Du sexe pour tous ! », il a choisi de consacrer sa Une à l’« assistance sexuelle » pour les handicapés. La photo d’illustration montrait un handicapé au lit avec une « assistante » (blonde, souriante, incarnation de la douceur et de l’abnégation qui sont la vocation des vraies femmes), et non l’inverse : on a bien dit « Du sexe pour tous », pas « pour toutes ».

Pour le quotidien, ce combat s’inscrit dans le cadre de sa défense acharnée de la prostitution. En janvier dernier, déjà, il publiait le portrait d’un polyhandicapé qui militait pour le droit à l’« assistance sexuelle ». Comme le faisait remarquer sur son blog le cinéaste Patric Jean (14), cet homme avait cependant eu au cours de sa vie deux compagnes, et même des enfants, ce qui relativisait quelque peu l’argument de l’incapacité des handicapés à avoir une vie sexuelle. Histoire de compléter ce tableau de la femme selon Libé, le portrait de dernière page était celui de Miss France.

Même méfiance quand on voit Charlie Hebdo, bastion de l’humour de corps de garde, dont les dessins répètent semaine après semaine que la pire infamie au monde consiste à se faire sodomiser, c’est-à-dire à se retrouver dans une posture « féminine » (15), collaborer avec les Femen pour un numéro spécial (6 mars 2013). En couverture, le dessin de Luz reprend un visuel du groupe qui montre ses militantes brandissant une paire de testicules. Le cliché des féministes hystériques et « coupeuses de couilles », couplé à l’esthétique publicitaire : une bonne synthèse du produit Femen. Dans l’entretien qu’elle accorde à l’hebdomadaire satirique, Chevchenko déclare vouloir une société « où les femmes ont plus de pouvoirs que les hommes ». Bien bien bien.

Un pseudo-féminisme qui suscite un engouement général des plus suspects : en France, cela rappelle la bulle médiatique autour de Ni putes ni soumises, qui fut célébrée dans la mesure où elle permettait de renforcer la stigmatisation de l’islam et du « garçon arabe » (16). Deux ex-militantes de l’association, Loubna Méliane — assistante parlementaire du député socialiste Malek Boutih — et Safia Lebdi, ont d’ailleurs fait partie des premières ralliées aux Femen, avant de prendre leurs distances. La section française du groupe s’est installée à la Goutte d’Or, quartier parisien où vivent beaucoup de musulmans ou assimilés, et a annoncé son implantation par une affiche bleu-blanc-rouge qui rappelait curieusement les « apéros saucisson-pinard » organisés au même endroit en 2010 par des militants d’extrême droite.femen aliaa mahdi women rights

« Mentalité arabe » en Ukraine

Si l’anticléricalisme radical du collectif se comprend sans peine compte tenu du poids de l’Eglise orthodoxe dans la vie publique ukrainienne, ses porte-parole ont tendance à en franchir le cadre lorsqu’il s’agit de l’islam. L’une des fondatrices du mouvement, Anna Hutsol, a ainsi flirté avec le racisme en déplorant que la société ukrainienne ait été incapable « d’éradiquer la mentalité arabe envers les femmes » (17).

En mars 2012, sous le slogan « Plutôt à poil qu’en burqa », Femen France a organisé une « opération anti-burqa » devant la Tour Eiffel. Ses membres clament aussi que « La nudité, c’est la liberté », ou scandent : « France, déshabille-toi ! » Elles perpétuent ainsi un postulat très ancré dans la culture occidentale selon lequel le salut ne peut venir que d’une exposition maximale, en niant la violence que celle-ci peut parfois impliquer (18).

De nombreuses féministes leur ont objecté que, plutôt que d’affirmer la supériorité de la nudité, il vaudrait mieux défendre la liberté des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent. Mais les Femen sont certaines de détenir la vérité. « On ne va pas adapter notre discours aux dix pays où s’est implanté le groupe. Notre message est universel », assure Chevchenko à 20minutes. Ce mélange de paresse intellectuelle et d’arrogance, cette prétention à dicter la bonne attitude aux femmes du monde entier, sont accueillis plutôt fraîchement. La chercheuse Sara Salem a ainsi reproché à l’étudiante égyptienne Aliaa El-Mahdy son alliance avec les Femen : « Si le geste de se déshabiller sur son blog pouvait être vu comme un moyen de défier une société patriarcale, il est problématique qu’elle collabore avec un groupe qui peut être défini comme colonialiste (19). » Mais pourquoi se remettre en question quand montrer vos seins suffit à vous assurer une audience maximale ?

(1) A la lumière de la remarque de Mernissi, le geste d’El-Mahdy est porteur d’une charge transgressive indéniable dans le contexte égyptien. Il lui a d’ailleurs valu des menaces intolérables. Mais le problème est que sa démarche, purement individuelle, reste impuissante à faire évoluer les mentalités dans son pays. Elle s’avère même contre-productive : en Occident, la jeune femme a été récupérée par des commentateurs dont les discours — ou les arrière-pensées — ne sont pas toujours bienveillants envers sa société d’origine.

(2) Nos seins, nos armes, de Caroline Fourest et Nadia El-Fani.

(3) « Femen, la guerre des “sextrémistes” », Libération, 7 mars 2013.

(7) « Le féminisme à l’épreuve du sextrémisme », M – Le magazine du Monde, 9 mars 2013.

(8) « Femen’s topless warriors start boot camp for global feminism », The Guardian, 22 septembre 2012.

(9) Claude Guillon, Je chante le corps critique, H&O, Paris, 2008.

(10) « Quel usage politique de la nudité ? », Claude Guillon, 7 février 2013. Ajout du 13 mars : lire aussi « “Sauvées par le gong” ? Femen, suite et fin » (12 mars).

(11) Femen, entretiens avec Galia Ackerman, Calmann-Lévy, Paris, 2013.

(12) Lire Sylvie Tissot, « “Une midinette aux ongles laqués” », Le Monde diplomatique, février 2008.

(13) « Femen : “Notre message est universel” », 20minutes.fr, 5 mars 2013.

(14) « Prostitution : Libération remet le couvert », Le blog de Patric Jean, 7 janvier 2013.

(15) Cf. Maïa Mazaurette, « Une remarque au sujet des caricatures “humiliantes” dans Charlie Hebdo », Sexactu, 20 septembre 2012.

(16) Nacira Guénif-Souilamas et Eric Macé, Les féministes et le garçon arabe, L’Aube, La Tour d’Aigues, 2004.

(17) « Femen, Ukraine’s Topless Warriors », TheAtlantic.com, 28 novembre 2012.

(18) Cf. « Femen ou le fétichisme du dévoilement », Seenthis, octobre 2012, et Alain Gresh, « Jupe et string obligatoires », Nouvelles d’Orient, Les blogs du Diplo, 20 mars 2011.

(19) Sara Salem, « Femen’s Neocolonial Feminism : When Nudity Becomes a Uniform », Al-Akhbar English, 26 décembre 2012.

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La diplomatie du téléphone portable à la conquête des pauvres

Après le coup d’Etat au Mali, le directeur de Microsoft pour l’Afrique, M. Cheick Modibo Diarra, a été nommé premier ministre. Google, dont certains employés se sont illustrés dans le « printemps arabe », recrute des militants des droits humains, et la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton soutient des projets humanitaires mêlant affaires et technologie : voici venue l’ère de la diplomatie numérique.

 

Dans les heures qui suivent le tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, plusieurs initiatives permettent de cartographier les besoins, les demandes d’aide, les appels de familles de disparus… Enseignant-chercheur spécialisé dans la cartographie de crise, Patrick Meier s’associe au programmeur kényan David Kobia, qui, en 2007, avait fondé le système Ushahidi, destiné à permettre à des citoyens de signaler les affrontements postélectoraux. De façon inattendue, cet outil va offrir une plate-forme à l’information d’urgence en Haïti : Meier et Kobia mettent en effet sur pied un système d’alertes géolocalisées transmises par téléphone mobile. L’opérateur Digicel leur emboîte le pas et fournit aux Haïtiens un numéro d’urgence unique, le 4636. Des centaines de vies seront sauvées.

 

A l’aide du service de messagerie (SMS) des téléphones portables et d’instruments de géolocalisation, Ushahidi permet d’organiser la réponse avec très peu de moyens. De tout le pays affluent des signalements : disparitions, manque de nourriture ou d’eau dans les orphelinats, personnes rescapées, etc. Traduits en français, anglais et créole par deux organisations non gouvernementales (ONG) — Samasource et Crowdflower —, les textos sont localisés, vérifiés et catégorisés avant d’être publiés sur une carte par une équipe de volontaires rassemblés à la Fletcher School of Law and Diplomacy, basée dans le Massachusetts, où enseigne Meier.

Grâce à une passerelle SMS mise en place par Instedd, une start-up américaine spécialisée dans la gestion informatisée des situations de crise, la Croix-Rouge — mais également les marines américains — est en mesure de recevoir les alertes signalant une situation dangereuse et sa localisation.

Cette rencontre inédite entre informaticiens kényans et armée américaine a joué un rôle déterminant dans la redéfinition, sous l’impulsion de Mme Hillary Clinton, des méthodes du département d’Etat. Les Etats-Unis ont certes une longue tradition d’usage des technologies de communication, liée à la transmission de la Voix de l’Amérique — nom de la radio de diffusion internationale lancée durant la seconde guerre mondiale et destinée à promouvoir les intérêts américains. Mais, ces dernières années, le smart power est devenu un axe stratégique de cette politique. Variante du soft power (« pouvoir doux ») de Joseph Nye — terme désignant le déploiement de moyens d’influence non coercitifs, structurels, culturels ou idéologiques —, ce « pouvoir de l’intelligence » théorisé en 2004 par Mme Suzanne Nossel, présidente de l’organisation Human Rights Watch, propose un catalogue d’outils — diplomatiques, économiques, militaires, politiques, légaux ou culturels — adaptés à chaque situation. Il s’agit aussi de favoriser les sociétés américaines de haute technologie dans le cadre d’une coopération renouvelée entre l’Etat, le marché et les ONG ou les fondations d’intérêt public. Avec cette doctrine, la diplomatie américaine favorise donc un modèle économique nouveau, hybridant les secteurs marchand et non lucratif.

Un outil pour déjouer
la censure d’Internet

Les réseaux de télécommunication numériques et mobiles en sont les instruments privilégiés. « La communauté technique a mis en place la technologie des cartes interactives pour nous aider à identifier les besoins et à cibler les ressources, indique ainsi Mme Clinton dans son discours fondateur du 15 février 2011. Ce lundi [en Haïti], une fillette de 7 ans et deux femmes ont été retirées des décombres d’un supermarché qui s’était effondré par une équipe américaine de recherche et de sauvetage, après avoir envoyé un texto appelant à l’aide. » La secrétaire d’Etat insiste sur la nécessité de faire en sorte que le peuple s’approprie les technologies numériques afin de faire avancer la démocratie et les droits humains. Elle en appelle à un « partenariat entre l’industrie, le monde universitaire et les ONG afin d’organiser un effort permanent qui permettra d’exploiter la puissance des technologies de connexion et de les mettre au service de nos objectifs diplomatiques (1) ».

Financé à hauteur de 2 millions de dollars, Commotion est un projet typique de cette approche. Il s’agit d’un réseau cellulaire autonome qui fonctionne selon les mêmes principes qu’Internet et tient dans une valise. Il doit permettre aux militants de contourner la censure du réseau — on se souvient qu’en Egypte, en janvier 2011, juste avant la chute de M. Hosni Moubarak, Internet avait été coupé. A l’origine de ce projet, un militant du logiciel libre et des libertés numériques, M. Sascha Meinrath, qui envisage de relier par Wi-Fi des ordinateurs portables et des téléphones mobiles afin de constituer une infrastructure sans fil à haut débit (2), où des outils de sécurisation permettraient d’assurer l’anonymat des utilisateurs. Ainsi, paradoxalement, au moment même où WikiLeaks piratait le département d’Etat, la smart diplomacy rejoignait les problématiques « hacktivistes » (3).

L’Afghanistan fut l’un des premiers terrains d’expérimentation de cette techno-diplomatie. En 2009 déjà, le pays comptait plus de quinze millions d’abonnés mobiles, sur une population de trente millions de personnes. 65 % d’entre eux envoient des textos, et plus de la moitié utilisent leur téléphone pour écouter la radio. Mais l’armée américaine a aussi remarqué que les talibans étaient plus actifs dans les zones peu couvertes par le réseau mobile. Y voyant un lien de cause à effet, elle a investi 113 millions de dollars pour développer les communications civiles, dans une véritable stratégie associant propagande et développement économique. En outre, dans le cadre de la lutte contre la corruption, la police afghane paye désormais ses employés par l’intermédiaire du système mobile M-Paisa (lire « Une carte SIM en guise de porte-monnaie »), et non plus en argent liquide (4).

Des acteurs très divers multiplient ainsi les initiatives technopolitiques. On peut mentionner le programme des « Routes de la soie numériques » lancé par l’Internet Bar Organization. 85 % des Afghans vivent de leur terre ; après des années de guerre, il existe d’importants conflits de propriété foncière. Le programme utilise les fonctionnalités du GPS, les photographies et les textos pour envoyer des informations sécurisées dans une base de données. Un cadastre virtuel a ainsi été constitué, et une assistance juridique est proposée pour régler les conflits, en lien avec le droit coutumier.

Il arrive également que le smart power se concrétise dans la surveillance d’élections. C’est le cas en Afrique subsaharienne. L’ambassade des Etats-Unis en Guinée a appuyé la commission électorale du pays pour la mise en place, lors du scrutin du 27 juin 2010, le premier depuis 1958, d’un programme baptisé « I vote, I see, I send » (« je vote, j’observe, j’envoie »). Ce programme permettait de relayer des textos sur un site Web où ils pouvaient être analysés par les observateurs et les électeurs (5). L’ambassade de France a été associée à ce programme à travers la mise en place d’un centre de presse. Surveillance officielle et « sous-veillance » citoyenne (comme celle d’Ushahidi au Kenya) se complètent, utilisant parfois les mêmes plates-formes.

En 2010 et 2011, au Soudan, le contrôle citoyen des élections a également reçu l’appui des membres du département d’Etat, tandis qu’en Ethiopie, en Egypte, en Tanzanie, en Côte d’Ivoire et au Liberia des systèmes inspirés par Ushahidi ont été déployés (6). Les rapports envoyés pointent les fraudes (impossibilité de voter, bulletins manquants pour certains candidats…), mais aussi des irrégularités durant la campagne (harcèlements, illégalité de certaines actions, provocations racistes…) et permettent de signaler les violences postélectorales.

Signalés à la vitesse d’un texto — dans des situations d’observation sur le terrain, on a plus facilement sous la main un téléphone portable qu’un ordinateur —, les actes délictueux sont épinglés sur une carte. Cette approche relève du principe, difficile à traduire en français, d’accountability. Si le sens politique du terme évoque la responsabilisation des gouvernements, dans le vocabulaire de la sociologie l’accountability renvoie à un réseau conceptuel associant factualité, visibilité et responsabilité (7). Dans ce cadre, la transparence ressort d’une philosophie politique qui autorise à rendre visibles des éléments pour étayer un pacte de factualité — au sens où il est indéniable qu’« il s’est passé là quelque chose pour quelqu’un » — engageant la responsabilité de chacun.

Depuis la Silicon Valley, Mme Clinton a lancé un appel aux entrepreneurs ès technologies dans le monde : « Il faut soutenir les personnes qui sont derrière ces outils, les innovateurs et les entrepreneurs eux-mêmes. Nous savons que les chefs d’entreprise sont nombreux à vouloir consacrer une partie de l’expertise de leurs salariés à résoudre les problèmes dans le monde entier ; mais, souvent, ils ne savent pas comment faire. Quel est le point d’entrée ? Quelle idée va avoir le plus d’impact (8 ? » Discours assorti d’un appel à la coopération entre diplomates, entrepreneurs et organisations sans but lucratif pour soutenir l’espace d’innovation mobile que représente l’Afrique.

Application pour femmes enceintes

Un appel aux bonnes volontés ? Pas seulement. Deuxième marché régional après l’Asie, celle-ci connaît la plus forte croissance du monde, avec 649 millions de connexions à la fin de 2011 et 735 millions d’abonnés prévus à la fin de 2012, selon le rapport de l’Association mondiale des opérateurs mobiles (GSMA). Google, implanté en Afrique du Sud et au Kenya, a mis en place, en lien avec la Fondation Grameen (9) et l’opérateur MTN, une structure de développement d’applications — un « AppLab »  où ont été réalisés différents services mobiles : SMS Tips, qui répond aux questions sur la santé ou l’agriculture envoyées par texto, ou encore Google Trader, qui met en relation petites entreprises et acheteurs en temps réel.

Par le biais de concours comme Apps4Democracy, basé sur les données publiques ouvertes et librement utilisables que diffuse le gouvernement sur le site Data.gov, les acteurs du smart power recrutent de nouveaux partenaires. C’est sur ce modèle qu’une compétition baptisée Apps4Africa a été lancée, en juillet 2010 à Nairobi, par Mme Judith McHale, sous-secrétaire à la diplomatie et aux affaires publiques. Elle a suscité une vingtaine de propositions venues du Kenya, du Rwanda, de l’Ouganda et de la Tanzanie. L’application gagnante, Mamabika, est un dispositif qui propose aux femmes enceintes des bidonvilles de Nairobi d’épargner neuf mois durant sur un compte lié à leur téléphone, pour pouvoir accoucher dans une clinique (10). Autres concours et programmes soutenus par le smart power « féministe » et technologique de Mme Clinton : le mWomen BOP App Challenge (ou TechWomen), dont le but est de créer des applications spécifiques pour les femmes des pays pauvres. Son modèle : HarassMap, un système de cartographie qui rapporte des cas de harcèlement sexuel et de violence conjugale en Egypte.

Bon nombre de fondations américaines sont engagées dans cette voie. On peut s’interroger sur leur rôle, quand certains acteurs locaux clament, à l’instar du chanteur militant afro-américain Gil Scott Heron : « The revolution will be not funded (11) » (« La révolution ne sera pas financée »). Créée par le fondateur d’eBay, M. Pierre Omidyar — qui théorise son approche dans la Harvard Business Review (12) —, la Fondation Omidyar Network a ainsi ouvert un fonds doté de 2 millions d’euros pour favoriser, en Afrique subsaharienne, les initiatives axées sur « les technologies qui donnent aux citoyens des outils »contraignant les gouvernements à les prendre en compte. Une ONG néerlandaise, Hivos, administre le fonds basé à Nairobi. En septembre 2010, au sommet de la Clinton Global Initiative (fondée en 2005 par l’ancien président William Clinton), la Fondation Omidyar avait annoncé un versement de 55 millions de dollars au réseau Tech for Transparency, dont près de la moitié pour l’innovation dans le domaine mobile. La fondation soutient aussi FrontlineSMS, une passerelle consacrée à la communication des ONG et souvent associée à la plate-forme Ushahidi.

Pour M. Bill Gates, fondateur de Microsoft et acteur le plus en vue dans le monde de la technophilanthropie, il est peu efficace de vendre des ordinateurs dans les pays pauvres, mais il faut absolument utiliser les téléphones portables, qui permettent de sauver des vies (13). Il intervient donc dans le domaine du m-health (usage du mobile en santé), en organisant des concours pour des logiciels de lutte contre le virus de l’immunodéficience humaine (VIH/sida), le paludisme, la tuberculose, etc. En favorisant, naturellement, Windows Mobile, le système d’exploitation de Microsoft.

Créée en 1994, la Fondation Bill et Melinda Gates (BMGF) dispose d’un capital de 66 milliards de dollars. Pour bénéficier du régime d’exonération fiscale des fondations, au moins 5 % de ses avoirs doivent être consacrés à des donations. Restent 95 %, qui sont investis dans des activités lucratives et parfois bien peu philanthropiques (14). En 2009, la BMGF a fourni plus de 3 milliards de dollars de subventions et dépensé 409 millions de dollars en frais d’exploitation, principalement pour des projets visant à améliorer la vie des pauvres dans les pays en développement. Dans le domaine de la santé publique, à part le gouvernement des Etats-Unis, aucun bailleur de fonds n’est aussi influent (15). Grâce au don de 30 milliards de dollars de M. Warren Buffett, la fondation a plus que doublé son fonds initial, devenant ainsi l’institution caritative la plus importante.

Cette rencontre entre MM. Gates et Buffett a permis à M. Matthew Bishop, chef du bureau du journal The Economist à New York, de forger la notion de « philanthrocapitalisme (16) » pour désigner la convergence entre grandes causes et bonnes affaires. MM. Buffett et Gates imposent en effet un nouveau type de partenariat avec les organisations caritatives et les gouvernements. Il s’agit de montrer que l’entreprise peut être « la plus grande force du bien dans le monde »,au moment où les Etats réduisent leurs budgets sociaux et prennent souvent moins de risques que ne peuvent le supporter ces nouvelles organisations philanthropiques.

Grandes causes et bonnes affaires

Selon MM. Gates et Buffett, « donner » pourrait ainsi devenir le plus grand levier du changement dans le monde. Mais « donner » de façon stratégique — et selon les modèles du monde des affaires. Ces nouveaux philanthropes doivent être compris comme des investisseurs sociaux au sens propre du terme. Ils se distinguent de l’action de charité qui animait les premiers industriels créateurs des fondations américaines, comme Andrew Carnegie ou John D. Rockefeller.

Dans la culture de ces acteurs, les technologies permettent aussi de scruter les retours sur investissement. Ainsi, le téléphone portable est au philanthrocapitalisme ce que le chronomètre est au taylorisme. Grâce à ses diverses fonctionnalités — textos, caméra vidéo et appareil photo, répondeur téléphonique, GPS… —, le portable est un bon outil dereporting, et donc de transparence. Les actions soutenues financièrement par ces fondations peuvent être présentées en détail aux donateurs. Chacun peut voir comment le projet est utilisé, et combien il est utile. L’action humanitaire technicise, la philanthropie se rationalise, le don charitable devient investissement.

Les nouveaux riches de la Silicon Valley, milliardaires de l’informatique qui ont parfois pris leur retraite des affaires, semblent bien décidés à conquérir les économies des pays émergents. Le téléphone portable, ce petit objet si efficace et rendant de réels services aux populations, constitue pour cela leur outil de prédilection.

Laurence Allard

Maîtresse de conférences à l’université Lille-III et chercheuse associée à l’Ircav-Paris-III ; auteure de Mythologie du portable, Le Cavalier bleu, Paris, 2010.
 

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here is an overview from the "safe" street... all the buildings are populated by people, with children and not offices...

here is an overview from the “safe” street… all the buildings are populated by people, with children and not offices…

the generator electrical system is covered by a small piece of glass :-( safety??

the generator electrical system is covered by a small piece of glass 😦 safety??


Danger in Lebanese neighberhood

Danger in Lebanese neighberhood

 DANGEROUS ELECTRICAL WIRES IN LEBANESE STREETS

DANGEROUS ELECTRICAL WIRES IN LEBANESE STREETS

Have you ever walked in the lebanese streets?

my husband and I wanted to visit his cousin, and the neighberhood was scary! children were playing in the streets with electrical wires Everywhere!!!!!!

Can the state do something? I know that we need Moteur ( generator) I know that we need internet ( the cable) I know that we need TV channels ( the cable) but this is Scary !! Is there another option? seing the wires hanging from building to building, and from balcony to balcony is Horrific!!! this is Dangerous and it is the Entire responsibility of the Municipalities ( to create underground channels for all those electrical wires)! Municipalities, create some underground system! Use those newly diplomed engineers from the Lebanese universities to create a SAFER environment for Elder and Children!

first it is ugly! Secund it is VERY VERY DANGEROUS!!!!

Rita Chemaly

 

 

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يثير ذكر حركة التحرر النسائية (أو الحركة النسوية) ردات فعل سلبية عند أكثر الرجال والنساء تجاه ما قد يعتبر مبالغة أو تطرفاً في تفكير وسلوك نسويين يشبهان إعلان الحرب على الرجال وعلى المجتمع ومؤسساته.

ولا يمكن النظر الى ردات الفعل هذه دون الإشارة الى أنها تعبّر عن خوف عميق من إمكانية زعزعة دعائم النظام البطركي (الأبوي) الذي جرى بناؤه منذ آلاف السنين: نظام هيمنة ذكورية ظل متماسكاً رغم كل الثورات والتطورات التكنولوجية التي حصلت على مر القرون الماضية. فالتراتبية الناظمة للعلاقات بين الجنسين تحولت الى قناعات راسخة عند كل من النساء والرجال الى حد صارت تبدو فيه السيطرة الذكورية طبيعية وبديهية.

ويؤكد الفيلسوف والسوسيولوجي الفرنسي بيار بورديو، في هذا المجال، أن هذه السيطرة مغروسة في اللاوعي الجمعي عند البشر وأنها تحوّلت الى عنصر غير مرئي وغير محسوس في العلاقات ما بين الرجال والنساء. وينبغي بالتالي إخراج هذا اللاوعي، وتحويله الى وعي يعيد كتابة التاريخ.

هذا العمل هو بالضبط ما يسعى إلى تحقيقه النسويون من خلال جهدهم الفكري وتحالفهم مع الحركات الاجتماعية الباحثة عن التغيير والحاملة مشاريع بديلة للسائد.

وبهذا المعنى، تعتبر الحركة النسوية حركة ثورية تغييرية تهدف الى تحطيم البداهات الخاطئة ووضع المرأة في موقع ((الفاعل)) في المجتمع. ومن هنا التعاطي مع صعودها على أنه تهديد لأسس التنظيم الاجتماعي القائمة. ولكن، ما هي ((النسوية)) التي نتحدث عنها اليوم؟

في ما يلي تعريفان أوليان لهذا المصطلح. يقول القاموس: ((النسوية هي منظومة فكرية، أو مسلكية مدافعة عن مصالح النساء، وداعية الى توسيع حقوقهن)) (Hachette, 3991). أما لويز توبان، النسوية الكندية، التي سنعتمد لاحقاً تصنيفها للتيارات النسوية، فتذهب أبعد من التعريف القاموسي، لتقول ((إن النسوية هي انتزاع وعي (فردي بداية ثم جمعي)، متبوع بثورة ضد موازين القوى الجنسية والتهميش الكامل للنساء في لحظات تاريخية محددة)).

نذكر هذا، لنؤكد في نفس الوقت أنه لا يوجد نسوية واحدة يمكن لجيمع المناضلات النسويات تبنيها، بل نسويات تندرج ضمن مدارس عديدة وتتغذى من المعطيات الثقافية والاجتماعية المختلفة، وتحاول كل منها الإضاءة على الأسباب التي أدت الى تهميش المرأة واستضعافها، وبلورة استراتيجيات لمواجهتها.

يستفيد الفكر النسوي من تراكم فكري تاريخي ومن توليفات نظرية وتحليلات اغتنت الواحدة من الأخرى ونضجت في القرنين الأخيرين. ولعل النسويين الأنغلو ساكسونيين (وأستخدم هنا صيغة الجمع المذكر للضرورات اللغوية ((الذكورية))، إذ بين النسويين عدد من الرجال) كانوا السباقين الى بلورة قضايا نظرية وتحويلها الى نضال سياسي. ويمكن اعتبار أن الحركات النسوية تمحورت لغاية السبعينيات حول ثلاثة تيارات رئيسية: النسوية الإصلاحية الليبرالية، والنسوية الماركسية، والنسوية الراديكالية.

1 النسوية الإصلاحية الليبرالية: ينتسب هذا التيار الى خط الثورة الفرنسية وامتداداته الفكرية، ويستد الى مبادئ المساواة والحرية للمطالبة بحقوق للمرأة مساوية لحقوق الرجل في مختلف مجالات الحياة السياسية والاجتماعية. ويتميز هذا التيار بإيمانه بقدرة النظام الرأسمالي على ملامسة الكمال والتكيف مع المتغيرات. ويعمل المنتمون إليه من أجل أن يوفر النظام القائم نفس الفرص والحقوق للنساء والرجال، من خلال التركيز على التربية وتغيير القوانين المميزة بين الجنسين وتكوين لوبيات الضغط وتغيير الذهنيات على المدى البعيد.

2 النسوية الماركسية: يعتبر نسويو هذا التيار أن قمع المرأة وقهرها بدآ مع ظهور الملكية الخاصة. فنقل الملكية بالإرث سبّب مأسسة للعلاقات غير المتوازنة وتوزيعاً للمهام والأعمال على أساس من التمييز الجنسي. وقد شيدت الرأسمالية نظاماً للعمل يميز ما بين المجالين الخاص والعام: فللرجل العمل المنتج والمدفوع، وللمرأة الأعمال المنزلية المجانية غير المصنفة ضمن الإنتاج. واستندوا الى اعتبار إنجلز أن قيام الرأسمالية والملكية الخاصة أكبر هزيمة للجنس النسائي. يرى أتباع هذا التيار أن إعادة انخراط النساء في سوق العمل ومشاركتهن في الصراع الطبقي سيؤدي الى قلب النظام الرأسمالي وإزالة الطبقات.

لكن اقتصار تحليلهم على البعد الطبقي بدا غير كافٍ لشرح أسباب التهميش والتمييز ضد المرأة. كما أن إصرارهم على عدم اعتبار النضال النسوي قائماً بذاته بحجة عدم تشتيت القوى خارج ميدان الصراع الطبقي، أدى الى ظهور أدبيات نسوية ماركسية تضيف الى التحليل الطبقي تحليلاً مرتبطاً بالتمييز الجنسي، والى الرأسمالية مفهوم البطركية (أو الأبوية).

ومع سقوط جدار برلين وانهيار التجربة السوفياتية، تبلور ضمن التيار النسوي الماركسي مذهبان رئيسيان: الأول، مذهب ((النسوية الشعبية)) والثاني مذهب ((الأجر مقابل العمل المنزلي)).

((النسوية الشعبية)) تعتبر أن التمييز الجنسي ليس عنصر القهر الأول أو الرئيسي للنساء، وترى أن النضال من أجل المساواة بين الجنسين يجب أن يترافق مع النضال ضد الفقر والتهميش والعنصرية…

ونسوية ((الأجر مقابل العمل المنزلي)) تعمل على تبيان حجم القطاع غير المرئي وغير المحسوب في الاقتصاد، منطلقة من أن العمل المنزلي وعمل الولادة أو ((إنتاج البشر)) هو مكان استغلال النساء لترافقه مع الارتباط الاقتصادي بالرجل (dependence) ومجانية العمل. وبالتالي، يشكل المنزل والحي والمجتمع الصغير بالنسبة لها النصف الآخر من التنظيم الرأسمالي الذي يخدم النصف الأول، أي السوق.

3 النسوية الراديكالية: هدف هذا التيار الى التعويض عن بعض النواقص في النسوية الليبرالية والماركسية من خلال التأكيد على الطابع العام والعابر للمناطق والثقافات، المستقل عن الطبقات، للتمييز ضد النساء. ويعتبر أنصاره أن البطركية بحد ذاتها هي أساس هذا التمييز ضد النساء والسيطرة عليهن التي تنسحب على ميادين الحياة الاجتماعية والسياسية والاقتصادية والجنسية، وتخلق نظام تنميط للجنسين من خلال ثقافتين: واحدة ذكورية مسيطرة وأخرى نسائية مسيطر عليها.

ومن بين استراتيجيات هذا التيار الهادفة الى تغيير المعادلة الراسية، استعادة النساء لأجسامهن وكيانهن وإعادة الاعتبار الى ثقافة خاصة بهن الى حد الانفصال عن الرجال والعيش في مجتمعات نسائية مستقلة.

وانطلاقاً من عمل هذا التيار، ولدت مذاهب فكرية ونقدية أضاف كل منها نواحي جديدة الى التحليل السيكولوجي وفهم الحالة النسوية. وتأسس مذهب متمحور حول عالمة النفس لوس إيريغاراي التي طورت التفكير حول مفهوم الاختلاف، وخلقت نقاشات حول الطابع البيولوجي والاجتماعي لهذا الاختلاف. واستعاد هذا المذهب قول المفكرة والنسوية الفرنسية سيمون دو بوفوار ((لا نخلق نساء، بل نصير نساء)) جاعلاً منه أبرز شعاراته. نضال المثليات والسوداوات والبيئيات

في السبعينيات، نما تياران جديدان وراحا يوسعان حقول التفكير والنشاط النسويين.

فظهر تيار النسويين المثليين الذي اخترق جميع التيارات والمذاهب النسوية منظراً لكون منطلق التمييز كامنا في العلاقات بين الجنسين، ومحاربته تتم بالتالي من خلال الانسحاب من هذه العلاقات نحو علاقات إنسانية جديدة مثلية تتساوى أطرافها جميعاً…

أما التيار الثاني الذي ظهر، والذي أغنى الحركة النسوية الى أبعد الحدود، فكان ((حركة النسويات السوداوات)) (Black Feminists)، الذي صب لمصلحة المدرسة النسوية الراديكالية. والجدة في هذا التيار نشوؤه في أوساط المناضلين السود، مما أضاف البعد العنصري الى معادلة الجنسي والطبقي، ووضع التشابهات بين آليات التمييز العنصري وآليات التمييز الجنسي أمام المجهر. فبالنسبة الى النسويات السوداوات، وصل التمييز الجنسي الى ذروته مع دخول النساء الحيز العام ومشاركتهن الرجل في العمل. فقد انتقلن عندها من نظام سيطرة ذكورية واستغلال تقليدي الى كائنات لها حقوقها ومسؤولياتها المدنية، تنافس الرجال وتولد عندهم العدائية والتمييز الجنسي العنيف، على نحو يشبه تماماً التمييز العنصري الذي تعرض له السود بعيد تحررهم.

وفي الثمانينيات، ومع تصاعد الكوارث البيئية، داخل النسويون في الموضوع البيئي. وتصدرت النسوية الهندية فاندانا شيفا تياراً نسوياً بيئياً ارتفعت شعبيته في دول العالم الثالث، ومفاد مقولته ان المرأة (المشبهة بالطبيعة في معظم المعتقدات والخرافات الدينية) تتعرض لنفس أنماط الاستغلال التي تتعرض لها الموارد الطبيعية على يد النظام الرأسمالي ورجاله. وبالتالي، لا يمكن لغير ثقافة سلمية، معادية للرأسمالية ومحترمة للشعوب والطبيعة، أن تلغي الاستغلال والتمييز اللذين تتعرض لهما نساء الكون…

خلاصة إذا كنّا نأخذ على الحركة النسوية هيمنة النساء على عضويتها واستبعاد الرجال، فتبريرها يأتي من قرارها الابتعاد في المرحلة الأولى عن المجتمع وأخذ المسافة عن آلياته التي همشت النساء والتفكير بواقعهن قبل مواجته في المرحلة الثانية والانخراط في الصراع ضد مظالمه.

واليوم، عادت الحركة النسوية الى قلب المجتمع للعمل مع جميع القوى التقدمية والنضالية التي تحاول مواجهة مؤسساته الاستغلالية. وهي تقترح، كما معظم الحركات الاجتماعية، تحولات وتغييرات تطال بنيته ككل، وتقاوم عولمة مساوئه.

ولعل تجربة ((المسيرة العالمية للمرأة)) ضد العنف والفقر ومشاركة النسويين الفاعلة في اللقاءات المواطنية مثل ((منتدى بورتو أليغري)) تشيران الى خروج الحركة النسوية من ((انعزاليتها)) الأولى. ويرجى أن تؤدي بلورة الوعي في سبيل التغيير الى استقطاب المزيد من الرجال، مع العلم أن مهمة من هذا النوع ستكون ثورة فعلية وستؤدي الى إزالة أكثر المظالم عن المرأة والى تحرير الرجال بدورهم من أدوار القمع والهيمنة التي يمارسونها بهدف بناء مجتمعات عادلة يعيش فيها الجميع أحراراً ومتساوين…

http://al-manshour.org/node/3116 باحثة جزائرية، ومنسقة برامج المرأة في ((المؤسسة من أجل تقدم الإنسان)). ©2002 جريدة السفير

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