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Archive for March, 2013

nationality 21 of March 2013

Une manifestation enorme se prepare pour la fete des meres, par les mamans libanaises qui ne peuvent pas transmettre leur nationalite a leurs familles!!

pour le 21 Mars 2013, a 11h du Matin, en face du Serail libanais place Riad El Solh, des familles de femmes libanaises venant de diverses regions du Liban, vont se retrouver, pour Offrir au gouvernment le cadeau qu’il avait promis lors de la fete des meres de l’annee derniere. Cadeau  empoisonne et enterre avec la commission ministerielle qui a etudie le dossier.

N’hesitez pas a rejoindre le mouvement protestataire!

 

Rita

 

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Quand des blogueurs s’en mêlent, des têtes tombent…

Source L’orient: 16/03/2013

RUSSIE Plusieurs hauts responsables pro-Poutine font l’objet de scandales à répétition qui éclaboussent le parti au pouvoir.

Appartements de luxe non déclarés, enfants dans des collèges privés à l’étranger ou doctorats plagiés : une avalanche de révélations s’est abattue dans l’Internet russe ces dernières semaines sur des députés et hauts fonctionnaires pro-Poutine. Fait inédit, un responsable parlementaire du parti au pouvoir Russie unie, le chef du comité d’éthique de la Douma (Chambre basse), Vladimir Pekhtine, a même dû démissionner en février après la publication sur des blogs d’opposition de documents selon lesquels il possède deux appartements sur le front de mer à Miami, en Floride. Cela en pleine campagne antiaméricaine en Russie.

Les documents ont été obtenus par le blogueur Andreï Zaïakine, alias Doct-Z, et publiés dans le blog d’Alexeï Navalny, l’un des chefs de file de l’opposition au président Vladimir Poutine et pourfendeur de longue date de la corruption et de ceux qu’il dénonce comme de faux patriotes. Le scandale, baptisé « pekhting » dans les médias, a été relayé cette semaine par la publication d’une enquête sur l’appartement de luxe où vit à Moscou Irina Iarovaïa, présidente médiatisée de la commission de la Lutte contre la corruption à la Douma. L’enquête a été menée par la revue russe d’opposition The New Times, alertée elle aussi par un internaute. Elle a montré que Mme Iarovaïa vivait dans un appartement acquis en 2006 au nom de sa fille de 17 ans à l’époque, d’une valeur de près de trois millions de dollars. Mme Iarovaïa dispose d’un appartement de fonction, qui seul figure dans sa déclaration. Mais celle-ci a qualifié d’« insinuations sales » ces révélations, qui ont provoqué une vague de commentaires sarcastiques sur l’Internet. « Sa fille est-elle tellement douée qu’elle a commencé à gagner de l’argent dès l’enfance ? » a ironisé à l’antenne une journaliste de la chaîne câblée RBK.

« Où est le crime ? »

Les goûts de luxe du délégué du Kremlin aux Droits de l’enfant, Pavel Astakhov, qui avait posé en 2009 pour un magazine glamour dans une villa de la côte d’Azur avec son épouse et son jeune fils, lui ont également joué un mauvais tour. En effet, M. Astakhov, passé dans les années 1990 par l’école du KGB, a été un ardent défenseur – et selon les blogs, l’auteur – de la récente loi interdisant les adoptions d’enfants russes par des Américains. Cette publication, dans laquelle il expliquait que son épouse avait accouché à Nice dans la même chambre qu’Angelina Jolie, est ressortie sur l’Internet lors de la récente controverse. « Où est le crime ? J’ai pensé à la santé de ma femme et de mon futur enfant », s’est défendu M. Astakhov. De plus, le blogueur Andreï Malyguine a retrouvé un article dans lequel le même Pavel Astakhov, qualifiait les États-Unis, où il a suivi un cours de droit au début des années 2000, de « deuxième patrie », ainsi d’une interview de son fils aîné sur ses études à Oxford et à Londres.
Pour sa part, Alexeï Navalny s’en est pris en décembre au vice-président de la Douma Sergueï Jelezniak, révélant que ses deux filles faisaient leurs études dans des établissements huppés en Suisse et en Grande-Bretagne. Ce responsable du parti propouvoir Russie unie est connu comme un partisan de l’éducation « patriotique », et un ardent promoteur de la loi adoptée en 2012 qui qualifie d’« agent de l’étranger » toute ONG bénéficiant d’un financement étranger. « Jelezniak a de bons instincts paternels. Il comprend que les universités suisses sont meilleures que celles dirigées par ses confrères de Russie unie » dont un est l’auteur d’une « fausse thèse », ironisait Alexeï Navalny. Celui-ci faisait référence à un autre député de Russie unie, Vladimir Bourmatov, qui dirige la chaire de sciences politiques au prestigieux Institut Plekhanov à Moscou, et dans la thèse duquel les blogueurs ont décelé en décembre des signes de plagiat. Pour autant, le député n’a pas quitté le Parlement. Mais il a dû renoncer à son poste du chef adjoint de la commission pour l’Éducation de la Douma. Et cette semaine, c’est la thèse du député de Russie unie Igor Igochine qui a été scrutée à la loupe. Celle-ci, qui porte sur la concurrence dans l’industrie alimentaire, s’est avérée être la copie presque conforme d’une thèse soutenue deux ans plus tôt, à la seule différence que le mot « chocolat » y a été remplacé par le mot « bœuf ».

 (Source : AFP)

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COORDINATOR for H&M “Let’s Talk” Campaign

COORDINATOR for H&M “Let’s Talk” Campaign

Background

Within the context of the Youth related program in 2013 supported by UNFPA Lebanon, a national campaign (“Let’s Talk” Campaign) will continue to be implemented for the third year. The campaign – supported by H&M – will focus on promoting the well-being of young people with particular emphasis on creating demand, stimulating debate, and raising awareness on issues surrounding young people in Lebanon including HIV/AIDS. 

Based on the above, UNFPA is partnering with local NGOs that will be entrusted to implement the various components of the “Let’s Talk” Campaign including advocacy and policy dialogue, building the capacity of youth, and supporting outreach through edutainment and peer to peer approach. The campaign will also include a comprehensive social media component as well as a study. As such a coordinator for the campaign will be recruited by UNFPA for 12 months (1 April, 2013 to 31 March, 2014). He/she is to coordinate the different components of the campaign – as well as other related activities – with the various partners and under the guidance of UNFPA. Specifically, the coordinator will carry out the following tasks: 

Planning/ Implementation/ Monitoring of Activities 

  • Draft TORs for the various experts/NGOs involved in the campaign
  • Ensure adequate support and assistance to the three NGOs in the organization and implementation of all related activities including events, training workshops, advocacy, sensitization meetings, etc.; and contribute to these events if and when needed
  • Provide logistical support when needed
  • Undertake regular field visits
  • Assist in identifying, adapting, and contributing to the production of various campaign materials
  • Share regular updates with the campaign’s steering committee and coordinate its meetings, including organizing the meetings, sending agenda and supporting documents, taking notes, contributing to writing minutes and sharing those with its members.
  • Liaise with UNFPA on any emerging bottlenecks during implementation
  • Prepare regular progress reports and contribute to various reporting mechanisms as requested by UNFPA

Sensitization, advocacy, and visibility activities

  • Advocate among various stakeholders about youth related issues
  • Coordinate with the social media strategist to ensure all components of the campaign are being covered within the agreed upon social media plan of action
  • Review and provide comments when needed on reports pertaining to the campaign, as well as conduct relevant research on specific areas of interest when needed
  • Coordinate with UNFPA to ensure proper visibility of the campaign through various media channels
  • Document good practices and experiences in consultation with the partner NGOs for knowledge sharing purposes
  • Contribute to the various visibility related tools and resources mainly UNFA’s website, newsletters, etc

Other support

  • Support in the preparation and conceptualization for the celebration and marking of various events (International youth day, World AIDS day, etc)
  • Ensure ongoing coordination with various partners, office staff for maximizing efficiency
  • Represent UNFPA when and if requested
  • Provide other support as required

Qualifications

  • MA/MPH degree in Social Sciences, Public Health, or any related discipline
  • 4-5 years of increasingly responsible experience in programme/project management in youth development with a focus on monitoring and coordination
  • Team player, good communication skills, dedication to perform under stressful time constraints, and the capacity to communicate efficiently and coordinate with a number of partners
  • Fluency and good speaking and writing skills in English and Arabic
  • Excellent computer skills including word processing, PowerPoint, and internet browsing with particular emphasis on the use of social media

Candidates who meet the above required qualifications and are available to start as of April 1, 2013 may apply on line by submitting the following documents:

  1. Updated and comprehensive CV detailing their work experience that is relevant to the post requirements as indicated in the Terms of Reference.
  2. A motivational letter – no more than 2 pages – specifying the following:
  • Why are you applying for this post?
  • Do you have any experience related to these post requirements and/or similar ones?
  • What do you believe you can bring in to this project?
  • What are your main strengths and weaknesses in relation to this post?

The CV and motivational letter should be submitted to the following email address: 
info-lebanon@unfpa.org
by no later than March 20, 2013
APPLICATIONS THAT DO NOT INCLUDE THE REQUIRED DOCUMENTATION DISQUALIFY FROM BEING SHORTLISTED

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Project Coordinator: NCLW/UNFPA

Project Coordinator: NCLW/UNFPA
 

GENERAL INFORMATION

  • Job Title: Project Coordinator
  • Project: LBN3U705
  • Duty Station: Beirut, Lebanon
  • Reports to: National Director (NCLW)
  • Duration of Employment: 9 months (April 15- December 31, 2013) with possibility to extend for to 6 months based on need and availability of funds

FUNCTIONS AND TASKS

Since 2006, the National Commission for Lebanese Women (NCLW) has been collaborating with the United Nations Population Fund (UNFPA) towards mainstreaming gender aspects in various development platforms, policies, and strategies. In 2012, this collaboration led to the development, consensus and launching of the National Strategy for Women in Lebanon. The strategy spells out 11 priority objectives identified as essential ones for ensuring that gender equality dimensions are adequately mainstreamed in the social, cultural, economical, and political spheres. In order to translate this strategic framework into concrete operational actions and results to be achieved by all stakeholders, NCLW developed – in a participatory approach – a plan of action that sets forth key interventions under each of the 11 strategic objectives along with indicators. The plan was validated in early 2013 and is expected to be turned into a soft application and adopted by all stakeholders beginning of 2014.

Based on the above, NCLW in collaboration with UNFPA is seeking assistance of a coordinator in support of the operationalization of the [National Strategy for Women in Lebanon] action plan. Specifically, the incumbent will provide support in collecting baselines for indicators, following up on the development of the programme software/application, and facilitating the piloting of the software among selected users. Additional support will be provided to NCLW in tasks related to the activation of the strategy and action plan. Under the overall guidance and direct supervision of the National Director, the coordinator will be undertaking various tasks as described below: 

Compilation/collection of data

  • Undertake visits to various line ministries, institutions, NGOs, UN agencies, donors, etc for collecting information and data
  • Collect, compile, and review relevant national reports, data, statistics that would be used for determining baselines for indicators
  • Develop tools and instruments for collecting and validating data from various stakeholders
  • Provide needed support for convening expert group meetings to review compiled data and agree on baselines/targets for the different indicators established in the action plan
  • Ensure updating of the action plan based on the agreed upon baselines and targets
  • Ensure feedback of NCLW and UNFPA are obtained and reflected in final product
  • Provide logistical support in organizing events such as meetings, workshops, in relation to the indicators

Development of software/application + manual

  • Assist in drafting TORs for the development of software/application
  • Follow up on identification/engagement of software developers based on competitive bidding
  • Contribute to fleshing out the elements of the software/application based on the elements of the action plan
  • Provide overall guidance to the software developer throughout the development process
  • Facilitate the convening of meetings with NCLW, UNFPA and experts for reviewing the various stages of the application as well as the content
  • Provide continuous update on the development process of the software and ensure that the feedback and input of NCLW and UNFPA are reflected in the various outcomes of the application
  • Develop a draft user manual jointly with software developer
  • Ensure completion of the provisional software in accordance with the agreed upon TORs and uploading it online for the piloting phase

Piloting the software among users

  • Assist in selecting a varied group of users from different disciplines (Ministries, NGOs, academic sector, UN/development agencies, donors, media, etc)
  • Introduce the software / application to users with hands on practices
  • Follow up on the piloting of the software/application with the selected users group
  • Ensure provision of ongoing advice to the users throughout the piloting phase through visits to users sites as well as online
  • Compile input and feedback from users on the software for enhancing it at all levels i.e. technical, content, friendly user, etc and share with NCLW and programme developer for finalization

Other Support

  • Contribute to developing, producing and disseminating informative material on the action plan for various uses (i.e. NCLW/UNFPA newsletters, website updates, etc)
  • Assist in preparing minutes of meetings, progress reports, briefing and concept notes, PPTs, training material/documents, and documentation of successful experiences
  • Provide support in reviewing specific documents, searching the internet for information, compiling data and information, and summarizing reports and documents as requested
  • Contribute to sharing of knowledge by synthesizing and documenting findings and lessons learned, success stories and best practices, and approaches and support in the drafting of relevant materials for dissemination
  • Provide other support as required

REQUIRED QUALIFICATIONS

Education

  • Bachelor Degree (Public administration, social sciences, humanities, etc )

Experience

  • 4 years of increasingly responsible experience in project coordination and monitoring with focus on gender/human rights related work.
  • Experience with governmental and non-governmental entities is essential
  • Familiarity with UN work is desirable

Competencies

  • Working in teams: Works collaboratively with colleagues to allow the achievement of common goals and shared objectives. Actively seeks resolution of disagreements and supports decisions of the team.
  • Communicating information and ideas: Delivers oral and written information in a timely, effective and easily understood manner. Participates in meetings and group discussions actively listening and sharing information. Frankly expresses ideas with the intent to resolve issues, considers what others have to say and responds appropriately to criticism
  • Conflict and self management: Manages personal reactions by remaining calm, composed and patient even when under stress or during a crisis and avoids engaging in unproductive conflict. Expresses disagreement in constructive ways that focus on the issue not the person. Tolerates conditions of uncertainty or ambiguity and continues to work productively.
  • Organizational awareness: Uses the formal structure or hierarchy in the organization effectively in order to get work done. Provides assistance to colleagues in dealing with other parts of the organization and in applying policies and procedures which affect the work unit. Understands when issues or problems can and should be resolved at own organizational level, when the assistance/input of other organizational units is required and when issues should be raised to a higher level
  • Innovation and marketing of new approaches: Generates new ideas and more effective ways of doing things. Adapts quickly to change.
  • Job knowledge: Understands and applies fundamental concepts and principles of a professional discipline or technical specialty relating to the position. Possesses basic knowledge of organizational policies and procedures relating to the position and applies them consistently in work tasks. Identifies new and better approaches to work processes and incorporates same in own work. Strives to keep job knowledge up-dated through self directed study and other means of learning. Demonstrates basic knowledge of standard computer software applications and information technology including electronic communication and seeks to apply it in work tasks
  • Results orientation/Commitment to excellence: Strives to achieve high personal standard of excellence. Takes action that goes beyond responding to the obvious needs of the situation and persists until successful outcomes are achieved

Language requirements:

  • Fluency and excellent writing skills in Arabic. Good English and /or French is essential

Candidates who meet the above required qualifications and are available to start as of April 15, 2013 may apply on line by an updated and comprehensive CV detailing their work experience that is relevant to the post requirements as indicated in the Terms of Reference.

The CV should be submitted to the following email address: info-lebanon@unfpa.org by no later than March 29, 2013 latest. 

Please indicate the job title “Project Coordinator: NCLW/UNFPA” under subject when submitting application,

 Source: http://www.unfpa.org.lb/UNFPA-LEBANON/Vacancies-and-Notices.aspx

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March 21 is Mothers day! the Beginning of Spring and the blossoming of flowers… In Lebanon, expecting mothers are waiting for the General Assembly of the Lebanese Parliament … The Members of Parliament, those who were Elected by the people, the mothers, and the dads need to VOTE ASAP the amendment of the Maternity leave Period.

Maternity leave should be Fully paid and the period must be extended to at Least 10 weeks.
Maternity leave in Lebanon too short campaign rita chemaly

Knowing that the International Labor Organisation had in 1952 called in the Maternity Protection Convention called for a minimum of 12 weeks leave and recommended for a 14 weeks leave.

“Currently, 119 countries meet the ILO standard of 12 weeks with 62 of those countries providing for 14 weeks or more. Just 31 countries mandate a maternity leave of less than 12 weeks.”

 Lebanese women associations conceded 2 weeks for the amendment to pass.

we are still waiting for the ELECTED parliamentarians to do their duty and Go to the General Assembly in the House of People to VOTE  for such an amendment!!

Rita Chemaly

 

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par Mona Chollet, mardi 12 mars 2013

« Les musulmans semblent éprouver un sentiment de puissance virile à voiler leurs femmes, et les Occidentaux à les dévoiler », écrivait l’essayiste marocaine Fatema Mernissi dans Le Harem et l’Occident (Albin Michel, 2001). L’engouement des médias français pour des figures comme les Femen ou Aliaa El-Mahdy, l’étudiante égyptienne qui, en 2011, avait posé nue sur son blog (1), offre une nouvelle confirmation de la justesse de cette observation. On a pu voir sur France 2, le 5 mars, un documentaire consacré au collectif d’origine ukrainienne implanté en France depuis un peu plus d’un an (2), et un autre intitulé Aliaa, la révolutionnaire nue sur Public Sénat pour le 8 mars, Journée internationale des femmes.

Tant pis pour les milliers de femmes qui ont le mauvais goût de lutter pour leurs droits tout habillées, et/ou d’offrir un spectacle moins conforme aux critères dominants de jeunesse, de minceur, de beauté et de fermeté. « Le féminisme, c’est ces femmes qui ont défilé dans les rues du Caire, pas les Femen ! Et sur ces femmes-là, je vois peu de documentaires TV », s’insurgeait sur Twitter, le 6 février dernier, la correspondante de France Inter en Egypte, Vanessa Descouraux. En France, les organisations féministes « se voient désormais plus souvent interpellées sur ce qu’elles pensent du mouvement d’origine ukrainienne que sur leurs propres actions » (3).

« Si tu montres tes nichons,
je reviens avec mon photographe »

Femmes, vous voulez vous faire entendre ? Une seule solution : déshabillez-vous ! En octobre 2012, en Allemagne, les réfugiés qui campaient devant la Porte de Brandebourg, au centre de Berlin, pour dénoncer leurs conditions de vie peinaient à attirer l’attention des médias. En colère, une jeune femme qui manifestait avec eux lança à un journaliste de Bild : « Tu veux que je me mette à poil ? » « Le journaliste acquiesce et promet de revenir avec son photographe. D’autres journalistes l’apprennent et voilà, la foule d’objectifs se réunit autour des jeunes femmes qui soutiennent les réfugiés. Elles ne se sont pas déshabillées, mais ont profité de l’occasion pour dénoncer le sensationnalisme des médias (4). »

Les Femen, elles, ont été plus pragmatiques. Lors de leurs premières actions, en Ukraine, en 2008, elles avaient inscrit leurs slogans sur leurs dos nus, mais les photographes ne s’intéressaient qu’à leurs seins. Elles ont donc déplacé les inscriptions (5)… Cet ordre des choses n’inspire pas d’états d’âme particuliers à Inna Chevchenko, l’Ukrainienne qui a exporté la marque Femen en France : « On sait de quoi les médias ont besoin, déclarait-elle en décembre à Rue89. Du sexe, des scandales, des agressions : il faut leur donner. Etre dans les journaux, c’est exister (6). » Vraiment ?

Certes, la militante féministe Clémentine Autain a raison de rappeler que « le happening, c’est dans notre culture. De la suffragette Hubertine Auclert, qui renversait les urnes lors des élections municipales de 1910 pour que les journaux de la IIIe République puissent avoir leurs photos trash à la Une, aux militantes du MLF qui balançaient du mou de veau dans les meetings des anti-avortement dans les années 1970, on sait aussi monter des coups (7) ! ». Ce mode d’action est aussi celui de l’association Act Up dans sa lutte contre le sida. Mais encore faut-il que derrière les « coups », il y ait un fond politique solide et bien pensé qui leur donne leur sens. Or, dans le cas des Femen, c’est peu dire que le discours ne suit pas. Quand il ne se révèle pas franchement désastreux.

Contre les vieilles femmes qui lisent des livres

La réduction permanente des femmes à leur corps et à leur sexualité, la négation de leurs compétences intellectuelles, l’invisibilité sociale de celles qui sont inaptes à complaire aux regards masculins constituent des pierres d’angle du système patriarcal. Qu’un « mouvement » — elles ne seraient qu’une vingtaine en France — qui se prétend féministe puisse l’ignorer laisse pantois. « Nous vivons sous la domination masculine, et cela [la nudité] est la seule façon de les provoquer, d’obtenir leur attention », déclarait Inna Chevchenko au Guardian (8). Un féminisme qui s’incline devant la domination masculine : il fallait l’inventer.

Non seulement Chevchenko accepte cet ordre des choses, mais elle l’approuve (toujours dans The Guardian) : « Le féminisme classique est une vieille femme malade qui ne marche plus. Il est coincé dans le monde des conférences et des livres. » Elle a raison : à bas les vieilles femmes malades, elles ne sont même pas agréables à regarder. Et les livres, c’est plein de lettres qui font mal à la tête, bouh ! Auteur d’un excellent livre sur les usages du corps en politique (9), Claude Guillon commentait : « Le mieux intentionné des observateurs dirait que cette phrase exprime la présomption et la cruauté de la jeunesse. Il faut malheureusement ajouter pour l’occasion : et sa grande sottise ! En effet, et peut-être Inna aurait-elle pu le lire dans un livre, l’image des féministes comme de vieilles femmes coupées du monde (comprenez : et du marché de la chair) est un très vieux cliché antiféministe, qu’il est navrant de voir repris par une militante qui prétend renouveler le féminisme (10). » Depuis, les représentantes françaises du collectif ont cependant dû se résigner à sortir un livre d’entretiens (11) : « En France, il faut publier des textes pour être reconnu, légitime », soupire l’une d’entre elles (Libération, 7 mars 2013). Dur, dur.

Pour Rue89, Chevchenko résumait ainsi le discours des jeunes Françaises qui voulaient rejoindre les Femen : « Elles me disaient : “Les mouvements féministes qui existent déjà en France, ce ne sont pas des mouvements faits pour les jeunes femmes, mais pour des femmes intellectuelles qui ressemblent à des hommes, qui nient la sexualité, le fait qu’une femme puisse être féminine.” » A cet égard, il faut le reconnaître, les Femen marquent incontestablement un progrès. S’agissant d’une ancêtre comme Simone de Beauvoir, il a fallu attendre le centenaire de sa naissance, en 2008, pour la voir enfin à poil : c’était long. Mais la patience du monde fut récompensée : avec délice, Le Nouvel Observateur (3 janvier 2008) publia en couverture une photo montrant l’auteure du Deuxième sexe nue de dos dans sa salle de bains (12). Les Femen, elles, sont bonnes filles : elles mâchent le boulot (« femen » signifie d’ailleurs « cuisse » en latin, mais rien à voir, elles ont choisi ce nom « parce qu’il sonnait bien »). Après tout, ne soyons pas pudibonds : pour être féministe, on n’en a pas moins un corps, une sensualité, une vie sexuelle. On peut seulement déplorer que l’attente de toutes celles — et ceux — qui rêvent de se repaître des petites fesses de Jean-Paul Sartre dure toujours. Que fait Le Nouvel Observateur ? Les grands intellectuels n’auraient-ils pas, eux aussi, un corps, une sensualité, une vie sexuelle ? Pourquoi ne pas nous en faire profiter ? Pourquoi ne sont-ils pas, eux aussi, une denrée publique, que l’on peut exposer et commercialiser indépendamment de la volonté des intéressés ?

« Féminisme pop »

Après s’être attiré une large sympathie lorsqu’elles se sont fait agresser par les extrémistes catholiques de Civitas au cours de la manifestation contre le mariage pour tous, en novembre 2012, les Femen ont suscité de plus en plus de réserves et de désaveux — par exemple de la part du collectif féministe Les TumulTueuses, ou de l’actrice et réalisatrice Ovidie. Critiquées pour la caution qu’elles apportent à la vision du corps féminin forgée par l’industrie publicitaire, elles se sont défendues en publiant des photos de certaines de leurs membres qui s’écartent de ces canons. Le problème, c’est qu’on ne verra jamais celles-ci en couverture des Inrockuptibles, les seins en gant de toilette cadrant mal avec le « féminisme pop » que dit priser le magazine — ni dans Obsession, le supplément mode et consommation du Nouvel Observateur, pour lequel les Femen ont posé en septembre dernier. Et pas question d’arguer que ce n’est pas de leur faute : si elles voulaient être un minimum crédibles, elles devraient imposer la présence de ces membres lors des séances photo. « Quel peut être l’effet produit par cette photo de groupe [dans Les Inrockuptibles] sur les femmes moins jeunes, ou jeunes mais moins favorisées par le hasard génétique ? interroge Claude Guillon. Le même effet que le terrorisme publicitaire et machiste que le féminisme ne cesse de dénoncer. Cette photo est pire qu’une maladresse, c’est un contresens politique. »

Les dénégations répétées des membres du collectif ne suffisent pas, par ailleurs, à dissiper le soupçon d’une politique de la photogénie délibérée. Dans le livre Femen, l’une des fondatrices ukrainiennes déclare : « Nos filles doivent être sportives pour endurer des épreuves difficiles, et belles pour utiliser leur corps à bon escient. Pour résumer, Femen incarne l’image d’une femme nouvelle : belle, active et totalement libre. » Le féminisme, mieux qu’un yaourt au bifidus. L’une de ses camarades françaises invoque une « erreur de traduction » (13)…

Quoi qu’il en soit, en l’état actuel des choses, il n’est pas certain que les médias et le grand public fassent complètement la différence entre les Femen et la Cicciolina par exemple — précurseuse de la couronne de fleurs sur cheveux blonds —, ou la pin-up de la page 3 du quotidien britannique The Sun. Claude Guillon, encore : « “Au moins, me disait une jeune femme, depuis qu’elles se mettent à poil, on les écoute !” Que nenni. On les regarde tout au plus. Et lorsque les rédacteurs en chef en auront marre de mettre du nibard à la une (ça lasse, coco !), on ne les regardera plus. » Les journalistes de Rue89 sont elles-mêmes perplexes devant le succès d’audience du collectif : « Le premier article que nous avons fait sur les Femen était un “En images”. On y voyait simplement la photo d’une Femen devant la maison de DSK, seins nus. Trois paragraphes accompagnaient l’image. L’article a reçu 69 500 visites. C’est beaucoup. » Dans le fumeux « sextrémisme » promu par le groupe, il y a tout à parier que c’est surtout « sexe » qui fait tilter la machine médiatique.

Des médias devenus tous féministes ?

Le féminisme serait donc devenu consensuel, au point de faire la couverture de tous les journaux et d’avoir l’honneur de documentaires télévisés abondamment promus dans la presse ? Il faudrait être naïf pour le croire. L’intérêt pour les Femen s’avère parfaitement compatible avec l’antiféminisme le plus grossier. Ainsi, le 7 mars, Libération leur consacrait une double page ; cela ne l’a pas empêché de publier le lendemain, pour la Journée internationale des femmes, un numéro d’anthologie. Sous le titre « Du sexe pour tous ! », il a choisi de consacrer sa Une à l’« assistance sexuelle » pour les handicapés. La photo d’illustration montrait un handicapé au lit avec une « assistante » (blonde, souriante, incarnation de la douceur et de l’abnégation qui sont la vocation des vraies femmes), et non l’inverse : on a bien dit « Du sexe pour tous », pas « pour toutes ».

Pour le quotidien, ce combat s’inscrit dans le cadre de sa défense acharnée de la prostitution. En janvier dernier, déjà, il publiait le portrait d’un polyhandicapé qui militait pour le droit à l’« assistance sexuelle ». Comme le faisait remarquer sur son blog le cinéaste Patric Jean (14), cet homme avait cependant eu au cours de sa vie deux compagnes, et même des enfants, ce qui relativisait quelque peu l’argument de l’incapacité des handicapés à avoir une vie sexuelle. Histoire de compléter ce tableau de la femme selon Libé, le portrait de dernière page était celui de Miss France.

Même méfiance quand on voit Charlie Hebdo, bastion de l’humour de corps de garde, dont les dessins répètent semaine après semaine que la pire infamie au monde consiste à se faire sodomiser, c’est-à-dire à se retrouver dans une posture « féminine » (15), collaborer avec les Femen pour un numéro spécial (6 mars 2013). En couverture, le dessin de Luz reprend un visuel du groupe qui montre ses militantes brandissant une paire de testicules. Le cliché des féministes hystériques et « coupeuses de couilles », couplé à l’esthétique publicitaire : une bonne synthèse du produit Femen. Dans l’entretien qu’elle accorde à l’hebdomadaire satirique, Chevchenko déclare vouloir une société « où les femmes ont plus de pouvoirs que les hommes ». Bien bien bien.

Un pseudo-féminisme qui suscite un engouement général des plus suspects : en France, cela rappelle la bulle médiatique autour de Ni putes ni soumises, qui fut célébrée dans la mesure où elle permettait de renforcer la stigmatisation de l’islam et du « garçon arabe » (16). Deux ex-militantes de l’association, Loubna Méliane — assistante parlementaire du député socialiste Malek Boutih — et Safia Lebdi, ont d’ailleurs fait partie des premières ralliées aux Femen, avant de prendre leurs distances. La section française du groupe s’est installée à la Goutte d’Or, quartier parisien où vivent beaucoup de musulmans ou assimilés, et a annoncé son implantation par une affiche bleu-blanc-rouge qui rappelait curieusement les « apéros saucisson-pinard » organisés au même endroit en 2010 par des militants d’extrême droite.femen aliaa mahdi women rights

« Mentalité arabe » en Ukraine

Si l’anticléricalisme radical du collectif se comprend sans peine compte tenu du poids de l’Eglise orthodoxe dans la vie publique ukrainienne, ses porte-parole ont tendance à en franchir le cadre lorsqu’il s’agit de l’islam. L’une des fondatrices du mouvement, Anna Hutsol, a ainsi flirté avec le racisme en déplorant que la société ukrainienne ait été incapable « d’éradiquer la mentalité arabe envers les femmes » (17).

En mars 2012, sous le slogan « Plutôt à poil qu’en burqa », Femen France a organisé une « opération anti-burqa » devant la Tour Eiffel. Ses membres clament aussi que « La nudité, c’est la liberté », ou scandent : « France, déshabille-toi ! » Elles perpétuent ainsi un postulat très ancré dans la culture occidentale selon lequel le salut ne peut venir que d’une exposition maximale, en niant la violence que celle-ci peut parfois impliquer (18).

De nombreuses féministes leur ont objecté que, plutôt que d’affirmer la supériorité de la nudité, il vaudrait mieux défendre la liberté des femmes à s’habiller comme elles le souhaitent. Mais les Femen sont certaines de détenir la vérité. « On ne va pas adapter notre discours aux dix pays où s’est implanté le groupe. Notre message est universel », assure Chevchenko à 20minutes. Ce mélange de paresse intellectuelle et d’arrogance, cette prétention à dicter la bonne attitude aux femmes du monde entier, sont accueillis plutôt fraîchement. La chercheuse Sara Salem a ainsi reproché à l’étudiante égyptienne Aliaa El-Mahdy son alliance avec les Femen : « Si le geste de se déshabiller sur son blog pouvait être vu comme un moyen de défier une société patriarcale, il est problématique qu’elle collabore avec un groupe qui peut être défini comme colonialiste (19). » Mais pourquoi se remettre en question quand montrer vos seins suffit à vous assurer une audience maximale ?

(1) A la lumière de la remarque de Mernissi, le geste d’El-Mahdy est porteur d’une charge transgressive indéniable dans le contexte égyptien. Il lui a d’ailleurs valu des menaces intolérables. Mais le problème est que sa démarche, purement individuelle, reste impuissante à faire évoluer les mentalités dans son pays. Elle s’avère même contre-productive : en Occident, la jeune femme a été récupérée par des commentateurs dont les discours — ou les arrière-pensées — ne sont pas toujours bienveillants envers sa société d’origine.

(2) Nos seins, nos armes, de Caroline Fourest et Nadia El-Fani.

(3) « Femen, la guerre des “sextrémistes” », Libération, 7 mars 2013.

(7) « Le féminisme à l’épreuve du sextrémisme », M – Le magazine du Monde, 9 mars 2013.

(8) « Femen’s topless warriors start boot camp for global feminism », The Guardian, 22 septembre 2012.

(9) Claude Guillon, Je chante le corps critique, H&O, Paris, 2008.

(10) « Quel usage politique de la nudité ? », Claude Guillon, 7 février 2013. Ajout du 13 mars : lire aussi « “Sauvées par le gong” ? Femen, suite et fin » (12 mars).

(11) Femen, entretiens avec Galia Ackerman, Calmann-Lévy, Paris, 2013.

(12) Lire Sylvie Tissot, « “Une midinette aux ongles laqués” », Le Monde diplomatique, février 2008.

(13) « Femen : “Notre message est universel” », 20minutes.fr, 5 mars 2013.

(14) « Prostitution : Libération remet le couvert », Le blog de Patric Jean, 7 janvier 2013.

(15) Cf. Maïa Mazaurette, « Une remarque au sujet des caricatures “humiliantes” dans Charlie Hebdo », Sexactu, 20 septembre 2012.

(16) Nacira Guénif-Souilamas et Eric Macé, Les féministes et le garçon arabe, L’Aube, La Tour d’Aigues, 2004.

(17) « Femen, Ukraine’s Topless Warriors », TheAtlantic.com, 28 novembre 2012.

(18) Cf. « Femen ou le fétichisme du dévoilement », Seenthis, octobre 2012, et Alain Gresh, « Jupe et string obligatoires », Nouvelles d’Orient, Les blogs du Diplo, 20 mars 2011.

(19) Sara Salem, « Femen’s Neocolonial Feminism : When Nudity Becomes a Uniform », Al-Akhbar English, 26 décembre 2012.

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Lebanese Women claim their rights:

the right to live safely at home

the right not to be harrassed at work

the right not to marry her rapist

the right to transmit her nationality to her children

the right to Live and To be A Lebanese CITIZEN!!!!

Rita Chemaly,

also for those who feel that big rage I feel,

do not hesitate to wath this short short movie, that is translated to English….

a great initiative bt the take back the parliament movement.

http://www.youtube.com/watch?v=e5dTJKwIMb0

 

 

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