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Archive for December, 2012

hier soir, en regardant les nouvelles sur AL Jadeed TV, je suis étonnée par le ridicule des personnes qui se prennent pour des Divas!

May Hariri manque non seulement d’esprit sportif, comme le dit Elie, mais surtout de Classe!!!

a vous le scandale de l’élimination de MAY HARIRI du programme Dancing with the Stars version Libanaise de MTV!

http://stateofmind13.com/2012/12/25/may-hariris-serious-lack-of-sportsmanship/

http://youtu.be/u2aB8yDCyEc

http://www.youtube.com/embed/u2aB8yDCyEc” frameborder=”0″ allowfullscreen>

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LE PLUS. Dans une interview accordée au “Journal du dimanche”, la ministre de la Famille défend le projet de loi du mariage pour tous. Une de ses réponses a particulièrement déplu à Jean-Pier Delaume-Myard, lui même homosexuel et opposé à ces unions.

Édité par Hélène Decommer

le “Journal du dimanche”, la ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, explique :

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“Je note un progrès : tous les ‘anti’ éprouvent la nécessité de dire qu’ils n’ont rien contre les homosexuels. Mais dans le même temps, ils leur refusent les mêmes droits. Or quand on ne donne pas les mêmes droits aux Noirs et aux Blancs, on dit que c’est du racisme ; quand on ne donne pas les mêmes droits aux femmes et aux hommes, on dit que c’est du sexisme. Quand on ne donne pas les mêmes droits aux homosexuels et aux hétérosexuels, n’est-ce pas de l’homophobie ?”

 

Je suis donc homophobe !

 

Madame la Ministre, j’ai 49 ans. Depuis l’âge de 24 ans, j’ai toujours fait le choix de vivre en couple avec un autre homme. Je suis contre le mariage de personne de même sexe, non pas pour des raisons d’union entre deux personnes qui s’aiment – je suis pacsé -, mais pour la question fondamentale de l’enfant et de son droit à avoir un père et une mère comme tous les autres enfants.

 

Je ne savais donc pas que, du coup, j’étais un homo homophobe. Merci de me le signaler. Je vais voir comment je peux me soigner. Pour information : en novembre 1998, j’ai été le lauréat d’un concours national contre l’homophobie. Quel désappointement cela doit être pour les personnes qui étaient membre du jury dont une ministre du gouvernement auquel vous appartenez de découvrir ce que je suis devenu selon vous.

 

Une petite question au passage. Si je suis votre raisonnement, il se trouve que je suis pour la cause palestinienne : est-ce que cela fait de moi un antisémite ?

 

Penser à l’enfant avant tout

 

Sur “Le Plus”, où j’ai publié un article qui a fait le buzz comme l’on dit, je pose la question : “pour qui est faite cette loi ?”. Nombreux sont les homosexuels que je connais et qui n’ont aucune envie de se marier, pas plus que de se pacser d’ailleurs. Vous connaissez mieux que moi les chiffres sur le pacs en France.

 

En tant qu’homosexuel et selon vous homophobe, je pense uniquement ici à l’intérêt de l’enfant. Bien sûr qu’un couple de même sexe peut apporter autant de bonheur qu’un couple hétérosexuel. Certes et après ? Cela sera quoi, les repères pour cet enfant, sa filiation ? Son non rapport à la mère ou au père ? Il y a aussi les grands-parents. Ils jouent un rôle considérable dans l’éducation, on l’oublie un peu trop souvent. En aura-t-il seulement ? Les homosexuels sont souvent rejetés de leur propre famille (ce n’est pas mon cas). D’ailleurs, les associations gay le savent bien, puisqu’elles se battent contre cela. Réserve-t-on à ces enfants le même sort que les enfants nés sous X et qui, toute leur vie, partent à la recherche de leurs racines ?

 

Dans le cas d’un couple homosexuel masculin, est-ce que la mère deviendrait alors une simple génitrice ? Et vous, Madame la Ministre, qu’en pensez-vous ? Auriez-vous accepté de procréer pour un couple homosexuel ?

 

Avant de parler de la liberté, de l’égalité ou non de pouvoir se marier entre personnes de même sexe, peut-on penser une minute à la liberté, à l’égalité de l’enfant dans cette nouvelle société qu’on lui prépare ? Il a peut-être envie d’avoir un père et une mère comme ses copains d’école qui ont des parents divorcés, recomposés ou unis, mais un père et une mère !

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/741910-suis-je-un-homosexuel-homophobe-lettre-ouverte-a-la-ministre-de-la-famille.html#xtor=EPR-4-[DernContrib]-20121221

 

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NO TO #VIOLENCE against #women ! #protect #women !!!!
6 men wearing women Jilbab and face veiled, entered the girls dorm in Khartoum University, and attacked the Darfuri female students in the dorm. “They were shouting ( ALLAH Akbar= God is the Greatest), and they were carrying big knives, they just started beating us, Iman a first year lost her finger, when one of the attackers injured her hand with his big knife, and during the fight they manger to unveil them” said (A-S) one of the dorm girls, she continued describing that horrific night saying “ Asmaa , a first year student also in Khartoum University, severely injured in her hand, also while she was fighting with the attackers armed by knives. We couldn’t sleep that night and we kept awake until our colleagues came back from hospital”.

Sudanese Women Action

 

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At 2:30AM, December 13, 2012, 6 men wearing women Jilbab and face veiled, entered the girls dorm in Khartoum University, and attacked the Darfuri female students in the dorm. “They were shouting ( ALLAH Akbar= God is the Greatest), and they were carrying big knives, they just started beating us, Iman a first year lost her finger, when one of the attackers injured her hand with his big knife, and during the fight they manger to unveil them” said (A-S) one of the dorm girls, she continued describing that horrific night saying “ Asmaa , a first year student also in Khartoum University, severely injured in her hand, also while she was fighting with the attackers armed by knives. We couldn’t sleep that night and we kept awake until our colleagues came back from hospital”.

The Darfuri female student struggle started on November 26th, when they…

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Si dans ses poèmes Abou el Nouwas célèbre l’homosexualité, dans la réalité, le sujet au Liban reste un tabou, pire le sujet est criminalisé par les lois pénales, et religieuses. A la lumière des lois et pratiques en vigueur, les homosexuels au Liban comme dans les pays arabes sont stigmatisés par les communautés religieuses, les groups de pairs, leur collègues au travail, les medias et surtout leur famille. D’ailleurs le mot arabe « chazz » « déviant » très longtemps utilisé par les medias, souligne la discrimination à laquelle font face les homosexuels dans la société.

Sur le plan des lois, au Liban, le Code Pénal libanais datant de 1943, stipule dans son article 534 que “les relations sexuelles contre nature sont punies d’emprisonnement pour une durée entre un mois et un an, et d’une amende entre 200 000 et un million de livres libanaises”. Dans les textes l’homophobie au Liban est pénalisée et surtout criminalisée, dans la pratique sociale, même parmi les étudiants, l’homophobie fait rage ; Un article publié par un jeune étudiant dans le Journal des étudiants de l’Université Américaine, Outlook,  renforce la stigmatisation et l’homophobie, et la parution d’un tel article montre combien le sujet est sensible et mal-compris dans la société; Dans les familles, le sujet reste un tabou ; La société patriarcale libanaise, ne permet ni à l’homme ni à la femme de sortir du carcan des rôles sociaux attribués à chacun. De plus l’homme et la femme ne peuvent pas enfreindre les rôles prédéterminés par la société et les “bonnes mœurs” sans être considérés comme des parias. Dans la société, la discrimination via les femmes sont multiples, surtout envers les femmes célibataires. Une femme ne se complète que via un mariage et des enfants; Les personnes homosexuelles sont donc stigmatisées. Aussi, dans les familles, beaucoup parlent de l’homosexualité comme d’une maladie…

Quelques avancées sont à noter. Récemment et plus précisément depuis le début de l’année 2012, la blogosphère libanaise a vu fleurir des blogs anonymes pour la plupart d’homosexuels vivant au Liban. Le but d’un des blogs et de relater la vie de jeunes qui vivent dans un pays ou l’homosexualité est plus qu’un tabou, elle est un crime.  L’exemple tout en couleur est celui de « Alloush » et « Zouzou » un blog qui  se veut un blog de deux meilleurs amis  homosexuels qui racontent leur “simple” vie de tous les jours au “Liban”. Le blog se nomme Homos libnani, un jeu de mot, entre le célèbre pois chiche libanais et l’acronyme d’homosexuel ;

MEEM la communaute qui questionne la sexualite au Liban

MEEM la communauté qui questionne la sexualité au Liban

Aussi, le célèbre ouvrage « Bareed Mista3jil », « Courrier urgent » préparé pendant 3 ans par MEEM, une organisation qui apporte son soutien aux lesbiennes et transsexuelles du Liban, relate des histoires vraies de femmes homosexuelles au Liban. Sous forme de lettres cachetées et anonymes, 41 lesbiennes, bisexuelles ou transsexuelles, âgées d’une trentaine d’années témoignent dans ce livre de leur calvaire né de l’incompréhension de la société qui ne reconnait pas leurs droits et du refus de leur famille d’accepter et même de tolérer leur orientation sexuelle. Des récits poignants qui racontent les difficultés de réconcilier la religion, la sexualité, le « standing » et la respectabilité des familles, la colère et la violence des parents ou des frères ; Effarant, un témoignage relate aussi un cas de viol.

Le célèbre ouvrage « Bareed Mista3jil », « Courrier urgent » préparé pendant 3 ans par MEEM, une organisation qui apporte son soutien aux lesbiennes et transsexuelles du Liban.

Le célèbre ouvrage « Bareed Mista3jil », « Courrier urgent » préparé pendant 3 ans par MEEM, une organisation qui apporte son soutien aux lesbiennes et transsexuelles du Liban.

Si les lois qui touchent à l’orientation sexuelle sont iniques et obsolètes au Liban, une polémique a pris forme récemment suite à l’arrestation de 36 hommes dans un cinéma d’un quartier populaire à Beyrouth lors de la projection d’un film pornographique.  Les hommes ont été obligés de subir des « tests anaux », les « tests de la honte » tels que les activistes les ont nommés. Les autorités prétextent que de tels tests aident à établir l’orientation sexuelle des personnes arrêtées et soupçonnées d’homosexualité. Pire que les lois, les pratiques pour « dépister » l’homosexualité touchent à la dignité humaine.

D’ailleurs une  manifestation de soutien a eu lieu le samedi 11 août 2012 devant le palais de la Justice. Une centaine de jeunes activistes, se sont virulemment opposés aux tests de virginités encore appliqués dans certains cas sur des femmes, et contre les tests annaux. Les manifestants ont ironisé en parlant de « viol médico-légal ». Les manifestants femmes, hommes et enfants ont brandi des pancartes et ont hurlé des slogans demandant à l’Etat de respecter la liberté sexuelle, les corps des citoyens et citoyennes et d’arrêter les humiliants examens, physiques et psychologiques. Ils ont fait la « sourde oreille » aux remarques déplaisantes de certains passants. Rétorquant simplement… les tests sont des viols, des viols légaux honteux et révoltants.

Une  manifestation de soutien a eu lieu le samedi 11 août 2012 devant le palais de la Justice. Une centaine de jeunes activistes, se sont virulemment opposés aux tests de virginités encore appliqués dans certains cas sur des femmes, et contre les tests annaux.

Une manifestation de soutien a eu lieu le samedi 11 août 2012 devant le palais de la Justice. Une centaine de jeunes activistes, se sont virulemment opposés aux tests de virginités encore appliqués dans certains cas sur des femmes, et contre les tests annaux.

HELEM l’association première en son genre dans le monde arabe et qui défend les droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres a haussé le ton lors de la manifestation via des pancartes et T-shirts qui ont crûment représenté les tests qui sont infligés aux personnes arrêtées. Des tests qui n’ont aucune valeur scientifique et que l’Ordre des médecins a déclaré illégaux. Des tests qui ne respectent point la dignité humaine, ni l’intégrité physique et morale des détenus hommes ou femmes. En un mot, comme le résume la pancarte de la manifestation, des tests honteux.

Helem ... une association qui protege les personnes homosexuelles au Liban http://www.helem.net/

Helem … une association qui protège les personnes homosexuelles au Liban http://www.helem.net/

Une lueur d’espoir nait du scandale des tests : toute forme de bigoterie et racisme est dénoncée, notamment sur la page du « Lebanese LGBT Media Monitor », les médias et notamment les émissions télévisées sont passées au crible fin, et toute émission et ou présentateur qui prônent l’homophobie sont virulemment pointé du doigt. Des lettres électroniques sont adressées aux responsables. Le message clair du Syndicat des médecins est salué sur les pages des medias sociaux et dans les divers blogs ; La Troisième Voix pour le Liban » (3V) le Think tank en ligne qui rassemble divers experts, a préparé et publié un texte  montrant l’anticonstitutionnalité des dispositions de l’article 534 du Code Pénal.

Lebanese LGBT media monitor est une page sur Facebook qui suit les medias a la trace...

Lebanese LGBT media monitor est une page sur Facebook qui suit les medias a la trace…

Les réactions de la communauté homosexuelle au Liban, des activistes de la société civile, et de certains des grands medias qui ont passé en boucle dans leur introduction au Journal du soir le mot honte, et ont souligné l’aspect révoltant des tests montrent une avancée minime soit-elle vers la dépénalisation de l’homosexualité au moins dans l’esprit d’une partie de la conscience sociétale. Dans l’espoir de voir le code Pénal amendé, il est important que tous et toutes se mobilisent pour la liberté sexuelle et le respect des communautés marginalisées dans un pays ou le qu’en dira-t-on et les tabous priment.

Rita CHEMALY

Auteure et Chercheure en Sciences Politiques

Blog sur : http://www.ritachemaly.wordpress.com

 

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Promise par la gauche française pendant la campagne présidentielle, la loi autorisant le mariage entre personnes du même sexe devrait être présentée à l’Assemblée nationale en janvier prochain. Tandis qu’un nombre croissant d’Etats, en Europe et en Amérique latine en particulier, pratiquent désormais l’égalité des droits, d’autres continuent de sanctionner l’homosexualité par la prison ou par la peine de mort.

par Daniela Rojas Castro et Gabriel Girard, novembre 2012

A l’heure où la France débat du mariage homosexuel et où l’Argentine promulgue une loi autorisant le changement de sexe, l’amélioration des conditions d’existence des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et trans (1) (LGBT) est incontestable. Le temps semble désormais lointain où ces préférences sexuelles relevaient d’une « loi sur la dangerosité et la réhabilitation sociale » (ley de peligrosidad y rehabilitación social),comme en Espagne, ou étaient surveillées par le groupe de contrôle des homosexuels de la préfecture de police de Paris — la première a été abolie en 1979, le second en 1981. Mais l’évolution est plus contrastée qu’il n’y paraît. Les inégalités et les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle perdurent : dans des dizaines de pays, la répression d’Etat et les violences, souvent relayées par des fondamentalismes religieux, condamnent les personnes LGBT à la clandestinité.

Au début des années 1980, dans la plupart des pays occidentaux, leurs revendications sont centrées sur les questions de reconnaissance sociale et légale. Dans le contexte de l’épidémie naissante du sida, alors que les décès se multiplient, l’absence de droits pour les partenaires de même sexe crée en effet des situations dramatiques, le survivant n’ayant aucune existence juridique. Les premières lois concernant les couples gays et lesbiens sont instaurées en Europe du Nord (Danemark, Norvège, Islande, Suède) à l’orée des années 1990. Cette vague d’obtention de droits, qu’illustre bien le pacte civil de solidarité français (le pacs, voté en 1999), procède d’une démarche — soutenue par les partis sociaux-démocrates — mêlant tolérance et reconnaissance sociale, et dont la logique politique est d’abord celle de la différenciation : les partenariats pour les couples de même sexe ne donnent pas accès aux mêmes droits que le mariage, notamment en ce qui concerne la parentalité et l’adoption (2). Mais ces premières avancées ouvrent de nouveaux horizons revendicatifs.

A partir de la fin des années 1990, les mouvements LGBT s’inscrivent majoritairement dans une perspective fondée sur la notion d’égalité des droits entre couples homosexuels et hétérosexuels. A la suite des Pays-Bas (2001), les pays scandinaves adaptent progressivement leur législation en ce sens. L’Espagne (en 2005) et le Portugal (en 2010) autorisent le mariage et l’adoption. L’Afrique du Sud et le Canada (en 2005), puis l’Argentine (en 2010), ont à leur tour voté des législations égalitaires, de même que certains Etats et districts du Brésil (Alagoas), du Mexique (Distrito Federal, Quintana Roo) et des Etats-Unis (Connecticut, District de Columbia, Iowa, Massachusetts, New Hampshire, New York, Washington et Maryland). Enfin, dans près de vingt pays, l’homophobie constitue un facteur aggravant pour un crime.

Répression officielle et réprobation sociale

Considérer ces avancées légales comme le résultat d’une lente mais profonde évolution des mentalités procède néanmoins d’une lecture erronée. Les résistances restent fortes ; l’attestent la position des Eglises catholiques française ou espagnole sur le mariage homosexuel ou, aux Etats-Unis, la signature par le candidat républicain à la présidentielle, M. Willard Mitt Romney, du Federal Marriage Amendment, qui vise à réserver le mariage aux couples hétérosexuels. Et les violences verbales et physiques continuent de marquer le quotidien de nombre de personnes LGBT.

De plus, la reconnaissance de leurs droits est loin d’être acquise et universelle. Les rapports entre personnes du même sexe demeurent illégaux dans soixante-dix-huit Etats, où ils peuvent être punis de prison, voire de mort. Et, indépendamment de la dureté des législations, les pratiques homosexuelles constituent des cibles privilégiées pour les régimes politiques et les courants religieux désireux d’imposer une forme d’autorité « morale ». De nombreux pays d’Afrique et du Proche-Orient s’illustrent par l’accentuation, au cours de la dernière décennie, d’une homophobie virulente et parfois meurtrière, particulièrement portée par des courants fondamentalistes de l’islam. Ainsi, en Arabie saoudite, en Iran, au Yémen, au Nigeria, au Soudan, en Afghanistan et en Mauritanie, les actes homosexuels restent passibles de la peine de mort. Trois hommes ont été décapités en Arabie saoudite en 2002. En Iran, deux adolescents ont été exécutés en juillet 2005 et un troisième, condamné en 2010, n’a dû son salut qu’à une mobilisation internationale. En Irak, même si l’homosexualité est légale, des milices islamistes armées ont massacré plusieurs centaines de personnes depuis 2004 (3). D’autres religions ne sont pas en reste. En Ouganda, les pasteurs évangéliques (et notamment le mouvementborn again) s’indignent de l’« indulgence » d’une législation qui prévoit pourtant l’emprisonnement à vie pour toute personne accusée d’acte homosexuel : ils militent pour lui substituer la peine de mort.

Dans ce contexte, les personnes visées sont condamnées à la clandestinité, la peur de l’opprobre conduisant parfois leurs familles à les réprimer elles-mêmes ou à les dénoncer. Les mobilisations locales restent donc risquées : les brimades et les violences contre les militants sont fréquentes, quand ils ne sont pas simplement assassinés (4). Les réseaux de solidarité qui se développent par le biais d’Internet demeurent quant à eux fragiles, la dénonciation et la répression de l’homosexualité participant souvent d’une défiance à l’égard de valeurs considérées comme « occidentales ». Au Cameroun, début 2011, c’est sous ce prétexte que le gouvernement a critiqué la participation financière de l’Union européenne à des programmes de soutien aux droits des minorités sexuelles. Récemment, en Ouganda, plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) internationales, accusées de « recruter des homosexuels » parmi les jeunes Ougandais, se sont vu interdire l’entrée sur le territoire.

Aux discriminations légales qui frappent les groupes à « sexualité méprisée (5) » s’ajoutent celles qui touchent à la santé. Les données sur l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) mettent en lumière cette vulnérabilité spécifique. Pour l’Amérique latine et les Caraïbes, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique par exemple : « Bien que la prévalence du VIH soit inférieure à 1 % parmi la population générale dans la plupart des pays de la région, elle est parfois entre cinq et vingt fois plus élevée chez les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH (6)). La stigmatisation et la discrimination associées à l’homophobie alimentent l’épidémie (7). » A l’échelle internationale, une grande majorité des HSH restent hors de portée des programmes de prévention du sida (8). Confrontés à la stigmatisation, à la violence ou à des législations pénalisant l’homosexualité, ils préfèrent bien souvent renoncer aux soins pour ne pas courir le risque que leur sexualité soit dévoilée à leur famille, à leur communauté, ou signalée aux autorités. Il est donc très difficile d’établir des données précises de l’épidémie parmi les HSH dans de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest. Ailleurs, comme en Russie, le déni des pouvoirs publics concernant l’épidémie contribue directement à l’approximation des chiffres et affaiblit les dispositifs de prévention et de soins.

S’il existe des structures de santé et que les personnes LGBT y accèdent, elles doivent souvent affronter l’ignorance et les préjugés du corps médical. Ainsi, tel médecin ne demandera pas un test du VIH sous prétexte que son patient « n’a pas l’air d’un homosexuel » ou « est marié ». L’un de ses collègues lui lancera une « plaisanterie » blessante sur les « pédés ». D’autres tenteront par tous les moyens de les refouler, comme certains dentistes avec les personnes séropositives (attente interminable, mesures de sécurité ostentatoires…). Les lesbiennes n’échappent pas à ces inégalités de traitement. Du fait des discriminations vécues ou anticipées, le faible recours à des examens gynécologiques a des conséquences directes sur la prise en charge des infections sexuellement transmissibles, comme le virus du papillome humain (VPH), ou de certains cancers. Quant à la transidentité, elle reste considérée comme une maladie mentale et figure encore à ce titre dans les référentiels médicaux qui font autorité à l’échelle internationale, tels que le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, DSM) (9).

A la fin des années 1990, l’émergence aux Etats-Unis d’une mobilisation autour de la « santé gay » (ou « santé LGBT ») a marqué le renouveau d’une réflexion critique sur les enjeux de la prise en charge médicale (10). Si elle ne concerne pour l’instant qu’une frange limitée de ces populations, majoritairement masculine, blanche, aisée et urbaine, elle a au moins le mérite de renouer avec une histoire d’action collective et communautaire. Dans le sillage du féminisme, les mouvements d’émancipation gays et lesbiens post-1968 marquent le point de départ de nouvelles formes de luttes, axées sur la visibilité et la politisation de l’intime, qui questionnent l’ensemble de la gauche. Nés aux Etats-Unis, les groupes de libération homosexuelle émergent partout en Europe : au Royaume-Uni, avec le Gay Liberation Front (GLF) ; en France, avec le Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) (11), etc. Au cours des années 1980, à l’instar d’autres mouvements sociaux, ils se sont progressivement transformés et institutionnalisés.

L’Europe de l’Ouest est cependant le théâtre d’évolutions diverses. En France, la fin de la pénalisation de l’homosexualité, avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, en 1981, a contribué à l’essoufflement du mouvement. Ailleurs, les gouvernements conservateurs au pouvoir prennent des mesures antihomosexuels. Au Royaume-Uni, la section 28, votée en 1988, interdit par exemple d’évoquer l’homosexualité dans les écoles. Aux Etats-Unis, les mandats de Ronald Reagan (1981-1989) sont marqués par une réaction morale et politique particulièrement préjudiciable à la lutte contre le sida.

Dans tous les cas, le registre revendicatif évolue, passant de la contestation des normes hétérosexuelles et patriarcales à la revendication de droits et de réformes compatibles avec ces normes. De manière concomitante, l’irruption du VIH/sida a fortement pesé sur la réorientation des combats homosexuels. Dès le début des années 1980, la lutte contre l’épidémie constitue un point central de réorganisation des combats gays, autour de structures comme Terrence Higgins Trust au Royaume-Uni (1982), Gay Men Health Crisis (1982) aux Etats-Unis ou Aides (1984) en France.

Quarante-cinq ans de militantisme

La création de l’association Act Up — en 1987 à New York et en 1989 à Paris — symbolise cette révolte des malades issue de la communauté gay. L’évolution du militantisme homosexuel s’accompagne d’une multiplication des cadres associatifs organisés autour de la lutte contre les discriminations et de la convivialité : clubs sportifs (European Gay and Lesbian Sport Federation) et associations professionnelles (comme le Syndicat national des entreprises gaies), centres communautaires dans les grandes villes, associations d’étudiants, etc. Le marqueur identitaire — être gay ou lesbienne — tend à prendre le pas sur une lecture en termes d’oppression sexuelle.

L’internationalisation des luttes constitue l’une des évolutions majeures des mouvements contemporains. Ne nous méprenons pas : dès les années 1970, les échanges sont nombreux entre militants homosexuels. Les émeutes de Stonewall, à New York, en juin 1969, deviennent une référence mondiale ; les marches des fiertés commémorent d’ailleurs chaque année cet événement. Mais, au cours de la dernière décennie, le soutien aux victimes d’homophobie est devenu un thème majeur de mobilisation, accompagnant l’émergence de mouvements d’émancipation dans des pays où la répression interdisait l’affirmation des LGBT. Cette solidarité obtient des succès notables face à l’homophobie d’Etat — comme au Sénégal, où la pression internationale a permis en 2009 la libération de militants de la lutte contre le sida. Ces campagnes ont également permis de rendre visibles des situations de répression, comme les violences auxquelles sont confrontées les marches des fiertés à Belgrade ou à Moscou, ou encore de dénoncer un projet de loi homophobe en Ukraine. Elles tissent également des réseaux de soutien indispensables pour des démarches de demande d’asile et d’immigration, lorsque certains doivent quitter leur pays.

Dans le même temps, la lutte contre l’homophobie a pu être instrumentalisée politiquement, comme l’attestent les controverses récentes sur l’« homonationalisme » (12). Forgé comme un concept critique, celui-ci décrit le mouvement qui, au cours des années 2000, a conduit certaines franges du mouvement LGBT des pays du Nord à désigner les immigrés et en premier lieu les « musulmans » comme la nouvelle figure menaçante pour les modes de vie gays et lesbiens. Les préoccupations légitimes vis-à-vis des persécutions de certains gouvernements et de l’homophobie de secteurs réactionnaires de l’islam sont ici enrôlées dans un combat « civilisationnel ». Aux Pays-Bas, la figure de Pim Fortuyn, homosexuel revendiqué et homme politique d’extrême droite assassiné en 2002, prolonge jusqu’à la caricature cette tendance. La frontière tracée entre le « progressisme » des pays occidentaux et l’« obscurantisme » des autres s’estompe pourtant quand on sait que les premiers refusent ou restreignent le droit d’asile pour les personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle dans les seconds…

La globalisation des préoccupations quant à la situation des personnes menacées est symbolisée par l’adoption d’une résolution internationale spécifique à Yogyakarta (Indonésie) en 2007 (13). Elaborée par des experts des droits humains, cette déclaration de principes vise à mobiliser les institutions internationales afin d’obtenir l’interdiction des discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Le texte a obtenu le soutien de cinquante-quatre pays lors de sa présentation à l’Organisation des Nations unies (ONU), le 26 mars 2007.

Des démarches se poursuivent actuellement pour rendre possible l’adoption par l’ONU d’une résolution sur les droits de l’homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Pour autant, la situation des mouvements revendicatifs est caractérisée par l’hétérogénéité et la dispersion. Sur le plan institutionnel, des groupes de pression centrés sur les droits humains, tels que l’International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association (Ilga), mènent un travail de lobbying au niveau des institutions et des Etats. Ils œuvrent au développement de campagnes de solidarité, mais ne sont pas dépourvus d’ambiguïtés. Dans leur perspective, la revendication de droits participe en effet d’une stratégie de reconnaissance identitaire qui élude largement les enjeux de classe, de genre et de race fracturant les communautés LGBT.

Daniela Rojas Castro

Psychologue sociale à Aides et au groupe de recherche en psychologie sociale (Lyon-II).

Gabriel Girard

Sociologue à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et à l’université Concordia (Canada).

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